Le blog "Langue bretonne"

29 janvier 2012

Priziou : le cru 2012

priziou 3Il s'appelle Gwenael Oillo, et c'est lui le 15e bretonnant de l'année – ou plus exactement le brittophone de l'année – depuis que les Priziou sont décernés par France 3 Bretagne. Il a été primé pour sa créativité et pour la qualité de son travail dans le domaine de la vidéo et sur internet. Visant Roue, membre du jury en tant que responsable du pôle développement de l'Office de la langue bretonne, y voit toute une symbolique : Gwenael Oillo a suivi toute sa scolarité à Diwan, et une trentaine d'années après l'ouverture de la première école par immersion, c'est "l'émergence d'une nouvelle génération".

Les autres lauréats
Comme cela était assez facilement prévisible, les six autres prix ont été décernés à…

  • l'association "Babigoù Breizh" (Bébés de Bretagne) dans la catégorie "associations", pour l'ouverture à Vennes d'une crèche parentale où l'on parle le breton aux tout petits enfants
  • Mai Lincoln et Erwan Kemarrec, dans la catégorie "documentaires" : ils ont tourné "Din-me da c'hoari" (A moi de jouer), un beau portrait d'Erwan, étudiant handicapé pratiquant le handifoot à un haut niveau (coproduction Kalanna et France Télévision)
  • la ville de Carhaix dans la catégorie "institutions publiques", pour avoir utilisé le breton en sus du français lors du passage du Tour de France dans la ville et pour avoir demandé et obtenu que des questions relatives à la connaissance du breton soient posées dans le cadre du recensement
  • Yann Biger, écrivain déjà reconnu, pour son roman "Torrebenn" sur la révolte des Bonnets Rouges en pays bigouden (éd. Al Liamm)
  • la société "Askorn Médical", de Cesson-Sévigné, dans la catégorie "économie" : cette société, dont le directeur est le capiste Denis Pichon, est spécialisée dans le management des systèmes médicaux, et elle utilise le breton dans sa signalétique et pour sa promotion
  • la chanteuse Lleuwen dans la catégorie "disque chanté en breton" : d'origine galloise, elle vient de s'installer en Bretagne et de sortir son premier disque en breton, "Tan" (Du feu).

priziou 1Les Priziou ne sont plus seulement les prix de la création en breton comme ils l'étaient depuis toujours : ils sont aussi désormais "les prix de l'avenir de la langue bretonne". Cette inflexion (voir message du 7 décembre 2011) fait suite à l'accord que vient de passer France 3 avec l'Office public de la langue bretonne en ce sens, et c'est ce qui explique l'apparition cette année de trois nouvelles catégories de prix (associations, institutions, monde économique) prenant en compte les nouveaux usages sociaux de la langue.
Il en résulte une cérémonie des Priziou d'une tonalité différente. Les Priziou se sont quelque peu transformés, mais la concurrence, si je puis dire, ne peut que s'en féliciter. Je me souviens d'une interminable remise de prix par l'OLB au même endroit il y a quelques années devant une salle presque vide : en passant à la télévision, les "prix de l'avenir du breton" gagnent énormément en visibilité.

Présentation impeccable
Goulwena an Henaff est une habituée des Priziou, puisqu'elle les présentait cette année pour la 13e fois. Elle fonctionnait en duo cette fois avec le comédien Yann-Herle Gourves. Très belle tenue de soirée pour l'un et l'autre. Tous deux ont le sens de la scène. Ils ont présenté à chaque intermède un sketch inattendu de leur composition, sur un ton décalé, avec quelques jeux de mots et allusions en forme de clins d'œil.
priziou 2L'animation musicale était assurée le groupe Alambig Electrik, que le programme n'hésitait pas à présenter comme une formation "qui distille la transe des samedis soirs en Bretagne" (sic). Elle porte apparemment bien son nom puisqu'elle serait "une gnole dansante vitaminée au BPM". Rien de moins. Les BPM ? Les battements par minute, sans doute. Le public a apprécié.
Les lauréats ont reçu comme d'habitude un trophée sous forme d'une pièce unique, forgée cette année par le sculpteur Jean-Loup Le Cunff. Un trophée celtique à souhait, puisqu'il représente un statère de l'époque gauloise. L'Office de la langue bretonne a concrétisé son partenariat avec France 3 Bretagne en remettant en outre à chaque lauréat un chèque d'un montant de 1 500 €.
Yann-Herle Gourves a été parfait en distributeur de chèques : tous les nominés non primés et présents ont reçu de ses mains un chèque de 500 €. C'était une innovation des Priziou 2012.

Pour en savoir plus :
Voir ou revoir la cérémonie des Priziou sur le portail en langue bretonne de France 3 : http://www.france3breizh.fr/
Le site perso de Gwennael Oillo :  http://bedbrezhoneg.free.fr/
Le site d'Alambig Electrik : http://alambigelectrik.com/

Bientôt sur ce blog : l’album photo des Priziou.

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26 janvier 2012

L'actualisation de la politique linguistique : contribution au débat

Je suis intervenu dans le débat sur le nouveau plan de politique linguistique au cours de la séance plénière du Conseil Culturel de Bretagne qui s'est déroulé samedi 21 janvier. Il m'a été demandé si je pouvais mettre mon intervention en ligne. Le texte ci-dessous est celui sur lequel je me suis appuyé pour cette intervention.

Un événement
Le projet d’actualisation de la politique linguistique que nous est présenté est assez impressionnant puisqu’il compte 8 fois plus de pages que ne le faisait le premier plan qu’avait adopté le Conseil régional en 2004. L’actualisation d’un document de cette nature est forcément un événement. Il mérite d’autant plus notre attention qu’il suscite un certain nombre de questions.
Dans le nouveau document, la Région Bretagne affirme une nouvelle fois qu'elle "reconnaît officiellement, aux côtés de la langue française, l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne". Cette réaffirmation allait sans doute de soi, mais elle s'imposait. Le premier plan adopté en 2004 n’est donc pas tout à fait obsolète, puisque les principes en sont repris. À deux variations sémantiques près cependant :

  • la première est qu'il n'y a plus à proprement parler de "bretonnants" dans le nouveau texte : désormais les locuteurs sont tous considérés - à 40 reprises - comme des "brittophones". Je ne suis pourtant pas sûr que les deux termes soient strictement équivalents
  • la seconde est de la même manière la disparition du terme "populaire", alors que le plan de 2004 se fixait précisément comme objectif d'"assurer le maintien et la transmission du breton populaire." Ce n’est apparemment plus le cas.

Je note par ailleurs dans le nouveau plan une différence notable d'approche entre la langue bretonne et le gallo. La Région affirme certes ne pas opérer de "distinction qualitative" entre les deux langues. De toute évidence, le breton n'en apparaît pas moins aux yeux des porteurs du projet jouir d'un prestige bien plus considérable que celui du gallo. Le breton est une langue celtique, alors que le gallo est une langue d’oïl comme le français. Pour le breton, la demande sociale est présentée comme allant de soi. Pour le gallo, les mesures qui seront prises seront fonction de la demande sociale qui s’exprimera. Il y a enfin dans l'argumentaire développé notamment de la page 5 à la page 8 diverses formulations qui peuvent être considérés comme autant de prises de position et dont les présupposés à eux seuls justifieraient tout un échange.

66 engagements
Le document d'actualisation qui nous est soumis prévoit différents niveaux d'intervention de la part de la Région, et en premier lieu des "engagements" clairement identifiés comme tels, au nombre de 66. Un grand nombre de ces engagements vise à "obtenir" de diverses autres instances, et singulièrement de l'État ou de ses représentants locaux ou régionaux, l'adoption de diverses mesures en faveur des langues de France de manière générale, ou en faveur des langues de Bretagne plus spécifiquement. Le mot "obtenir" figure à 30 reprises dans le document d'actualisation.
Pour réunir les conditions du développement des langues de Bretagne, la Région veut ainsi "obtenir"

  • une nouvelle modification de la Constitution en faveur des langues de France,
  • la ratification de la charte européenne,
  • le vote d'une loi-cadre,
  • le droit à l'expérimentation en matière de politique linguistique…

À moins que le Président de la République ou le gouvernement décide qu’un sommet de crise soit tout à coup organisé concernant les langues de France, l'obtention de ces mesures ne pourra intervenir au mieux qu'après les prochaines échéances électorales. Ces mesures sont souhaitables. La question qui se pose est de savoir par quels moyens la Région Bretagne compte effectivement "obtenir" les transformations institutionnelles ou législatives qui sont espérées.
La région veut par ailleurs "obtenir" des mesures plus concrètes comme la contractualisation des nouvelles écoles Diwan dès leur ouverture (sans attendre le délai réglementaire de 5 ans), plus de postes de CAPES de breton, une agrégation de breton, un CAPES de gallo, une radio de service public en breton couvrant toute la Bretagne, etc. Plusieurs de ces mesures sont attendues depuis longtemps. Mais à défaut d'obtenir un droit à l'expérimentation en matière de politique linguistique, ces décisions relèvent de l'État ou de ses représentants locaux. Comment sera-t-il réellement possible de les "obtenir" dans un délai rapproché ?
23 des engagements listés dans le nouveau plan ont pour but de "soutenir" ou de "consolider" diverses initiatives. Certains relèvent spécifiquement de la Région, par exemple l'aide aux centres de formation longue en langue bretonne. D’autres ne peuvent se développer qu’en partenariat avec d’autres collectivités territoriales (départements ou communes), avec le réseau associatif, voire avec les entreprises. Cela va de l'initiation au breton ou au gallo dans le premier degré à l'apprentissage du breton sur internet, l'apprentissage du breton par les 16-30 ans… Ou encore l'accueil de la petite enfance en breton et l'ouverture de crèches immersives. Mais pour ces mesures de soutien ou de consolidation, on ne voit pas toujours bien si la Région joue le rôle de chef de file, ou si elle accompagne les initiatives prises par d’autres.

Transmettre les langues de Bretagne
Pour assurer la transmission des langues de Bretagne, l’enseignement est considéré dans le nouveau plan comme une question fondamentale. À juste titre, puisque la transmission intergénérationnelle n’est plus assurée, dans le cas du breton du moins, depuis deux générations au moins : de la même manière qu’à la fin du XIXe siècle et au début du XXe c’est l’école qui a appris le français aux petits bretonnants, aujourd’hui c’est l’école surtout qui peut apprendre le breton aux enfants qui ne le savent pas. Les engagements du n° 7 au n° 24 du nouveau plan sont pour l’essentiel consacrés à cette question.
Même s’il n’a jamais été discuté dans cette enceinte, personne ici n’ignore sans doute que j’ai rédigé il y a quelques mois un rapport sur l’enseignement du et en breton. Je me félicite que le plan d’actualisation de la politique linguistique régionale reprenne à son compte, en tout ou en partie, une douzaine au moins des mesures que j'avais préconisées dans mon rapport. Elles concernent notamment celles à prendre pour favoriser la transition entre le CM2 bilingue et le collège bilingue. C’est un point capital, parce que si l’on ne parvient pas à résorber la déperdition des effectifs entre le primaire et le secondaire bilingue, cela pourrait signer à terme l’échec de l’enseignement bilingue. S’il n’y a pas beaucoup d’élèves au collège, il y en aura encore moins au lycée, et l’on pourra de moins en moins facilement résoudre la crise des vocations pour l’enseignement du breton. Le point concernant la formation aux métiers de l'enseignement bilingue est de la même manière un point crucial.
Par contre, le nouveau plan dont nous discutons voudrait établir pour l’enseignement public des seuils différenciés d’ouverture de classes en maternelle et en primaire en fonction de la densité démographique : 9 en zone rurale, 14 en zone urbaine (au lieu de 15 actuellement). Je m’interroge sur l’intérêt d’une telle mesure, pour des raisons complémentaires de celles qui sont avancées dans le projet d’avis du Conseil culturel, car ces classes bilingues à très faibles effectifs seraient nécessairement multiniveaux, et de tels seuils pourraient poser problème, à la fois sur un plan pédagogique et pour ce qui est de la charge de travail des enseignants, et par le fait même pour leur maintien sur site.
Plusieurs autres mesures que j'ai avancées dans mon rapport se retrouvent dans le nouveau plan, notamment dans le domaine de la communication. Sont notamment envisagés une communication ciblée sur l'intérêt et sur les métiers de l'enseignement bilingue (et ça ne suffira peut-être pas puisque les jeunes se détournent aujourd’hui des métiers de l’enseignement) ou le lancement d'une semaine d'information régionale sur la langue bretonne. Ces projets vont dans le bon sens.

Un arbre d'objectifs
Pour cet enseignement des langues de Bretagne, la Région veut "obtenir un développement de l'offre en fonction des dynamiques territoriales de croissance démographique." Contrairement à ce qui avait été formulé dans le premier plan, les objectifs quantitatifs ne sont pas définis cette fois-ci, et je crois qu’on peut le regretter. Mais on nous annonce que début 2013, la Région proposera "un arbre d'objectifs complets […] qui puisse devenir le référentiel partagé du développement de l’enseignement en breton." Si je peux me permettre un clin d'œil, je trouve cette expression remarquable : il me semble que la question de la langue bretonne vient quand même de franchir une étape, puisqu’on est capable désormais d’en traiter aussi joliment en langage technocratique.
Je me demande de la même manière pourquoi 7 des engagements figurant dans le projet d’actualisation se contentent d’annoncer qu’"une réflexion sera engagée" sur des questions aussi importantes que la diffusion du livre ou celle des musiques actuelles. Cette réflexion n’aurait-elle pas dû avoir lieu en amont ?

Un moment déterminant pour les langues de Bretagne
Je voudrais juste aborder rapidement deux derniers points en conclusion, quelle que soit leur importance.
Le premier concerne l’Office de la langue bretonne, dans la mesure où les missions de politique linguistique lui sont désormais déléguées par la Région. Cela donne une immense responsabilité à l’Office, qui devient une véritable administration à part entière, à laquelle est confié le soin de s’occuper d’à peu près tout ce qui concerne la langue bretonne. Je pense que dans l'histoire de la langue bretonne, si ce n’est peut-être l’Église du temps de sa splendeur, aucune structure ne s’est jamais vue confier autant d’objectifs prescripteurs. Je voudrais être certain que cela ne soit ne pas préjudiciable à l’éclosion d’autres initiatives.
Je m'associe aux interrogations que suscitent parmi les professionnels de l'enseignement ou des médias, mais aussi dans le secteur de l'édition, les contraintes qui pourraient leur être imposées et qui auraient pour effet d'instituer une sorte de contrôle à l'égard de la création intellectuelle, culturelle ou audiovisuelle. J’aimerais enfin savoir à qui en dehors de son Conseil d’administration et peut-être du conseil régional lui-même l’OPLB est appelé à rendre compte de son activité. Ne serait-il pas judicieux de mieux en assurer la transparence ?
Le 2e point concerne la question de l’orthographe du breton. Le terme lui-même est cité à 6 reprises dans le nouveau plan, mais c’est surtout dans un bordereau 413 que l’on découvre qu’une des orthographes en usage sera privilégiée dans un certain nombre de cas. Je partage l’inquiétude exprimée dans le projet d’avis élaboré par le bureeau du Conseil Culturel. Je pense qu’une telle question ne doit pas être réglée d’autorité et quelque peu en catimini, et qu’il vaudrait mieux sur un tel sujet rechercher le consensus et la concertation. Il y va de la responsabilité de la collectivité publique.
Le projet d’actualisation qui nous est présenté est un moment déterminant pour les langues de Bretagne, et c'est la raison pour laquelle j'ai souhaité contribuer à ce débat. Je vous remercie de votre attention.

Voir aussi sur ce même blog et sur le même sujet les messages du 13 janvier, du 19 janvier et du 24 janvier.

Posté par Fanch Broudic à 19:53 - - Commentaires [1]
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Enseignement bilingue : une circulaire du Recteur de l'Académie

klas brezoneg-1Alexandre Steyner, le Recteur de l'Académie de Rennes vient de diffuser largement une circulaire sur l'enseignement du breton. Cette circulaire aborde la question cruciale de la transition entre l'école élémentaire et le collège d'une part, entre le collège et le lycée d'autre part.
Le Recteur reconnaît que la poursuite de la scolarité d'un niveau à l'autre "n'est pas satisfaisante" : en effet, seuls 64 % des élèves de CM2 continuent en filière bilingue au collège. Ce problème, ajoute-t-il, "doit donc faire l'objet de la plus grande attention de la part de tous les acteurs de l'enseignement bilingue."
Comme cet enseignement est organisé en pôles (permettant de regrouper au moins deux écoles autour d'un collège et au moins deux collèges autour d'un lycée), la mise en place de projets pédagogiques communs aux premier et second degrés va être encouragée. Les enseignants seront invités à initier ou développer de tels projets, qui devront s'installer dans la durée "pour assurer une transition harmonieuse entre les cycles."
Les responsables d'écoles et d'établissements sont invités par ailleurs à organiser des réunions d'information à l'intention des familles d'élèves bilingues.
Autre information positive livrée dans la circulaire : le breton optionnel en lycée et en collège a cessé de perdre des élèves, puisqu'une légère remontée des effectifs est intervenue à la dernière rentrée. Le recteur demande de la même manière qu'une information complète et précise soit assurée sur les possibilités d'apprentissage du breton en option facultative au collège et en LV2 ou LV3 au lycée.
Pour l’enseignement du breton, cette circulaire du Recteur d'Académie est sans doute une première. Elle est adressée aux Inspecteurs d'Académie, aux Proviseurs de lycées, aux Principaux de collèges et aux Directeurs d'écoles. Elle peut donc donner une nouvelle impulsion et déclencher un nouvel intérêt pour l'enseignement bilingue. Suffira-t-elle à le faire ? Lors de mon enquête sur l'enseignement du et en breton, on m'avait déjà signalé quelques initiatives en ce sens, pas toujours couronnées de succès. Il serait sans doute judicieux que les efforts qui vont être faits pour diffuser l'information auprès des parents et pour développer la synergie entre les cycles soient accompagnés de diverses autres initiatives au sein de l'école et à l'extérieur.

Posté par Fanch Broudic à 11:35 - - Commentaires [1]
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25 janvier 2012

La politique linguistique devant le CESER

Le Comité Économique, Social et Environnemental Régional de Bretagne s'est réuni à son tour lundi et mardi à Rennes. Il a émis un avis tout à fait favorable et consensuel sur le projet d'actualisation de la politique linguistique régionale.

  • Le CESER apprécie ce projet comme "un document utile et intéressant qui propose un prolongement à la décision prise à l'unanimité par le Conseil régional en 2004."
  • Faisant état des "acteurs incontournables par lesquels se met en œuvre la politique linguistique" (écoles, associations, médias), il considère que la bourse Skoazell est "une initiative positive" en vue de la formation des enseignants de breton, mais estime que "les modalités d'attribution de congés des enseignants déjà en place constituent un frein."
  • Le CESER se félicite que les 66 engagements contenus dans le nouveau plan correspondent "à des objectifs concrets que la collectivité se propose d'atteindre. Cette détermination est à saluer et à accompagner, car l'exécutif ne pourra parvenir seul à [les] atteindre."
  • Compte tenu des enjeux et du contexte, le Comité Économique et Social estime enfin qu'il "est légitime qu'un organisme tel que l'EPCC Ofis ar Brezhoneg [Office de la langue bretonne] soit appelé à prendre toute son importance."

L'avis du CESER a été voté à l'unanimité.

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La septième Conférence de Linguistique Celtique

Cette conférence est annoncée pour les 22 et 23 juin 2012  à l’Université de Rennes II. Tous les aspects de la recherche linguistique sur les langues celtiques pourront y être abordés. Les sujets principaux sont, de manière non-exclusive :

  • la syntaxe,
  • la phonologie,
  • la phonétique,
  • la sociolinguistique,
  • les technologies liées aux langues,
  • ainsi que les problématiques liées à la recherche sur les langues minorisées ou en danger.

La conférence inclut des présentations orales (30 minutes, discussion incluse) et des sessions posters. L’auteur ou les auteurs doivent mentionner leur format de présentation de préférence lors de l’envoi des résumés.
La langue de la conférence, communications orales et posters, est l’anglais.
Appel à présentation : Les résumés doivent être fournis avant le 16 février 2012 en format pdf, txt ou doc, en utilisant l’interface à l’adresse: http://linguistlist.org/confcustom/CLC7-2012/. Ils seront évalués de façon anonyme, et il est donc recommandé d’éviter toute forme d’autoréférence dans le résumé.
Cette conférence est organisée conjointement par:
  - Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC, Université de Brest, Université de Rennes)
  - IKER (Université de Pau et des Pays de l'Adour, CNRS) 
  - Laboratoire Parole et Langage (LPL, Aix-Marseille Université, CNRS)
 
  Pour plus d’information, le site web de la conférence: http://www.lpl-aix.fr/~clc7/
  Ou : contact.

Posté par Fanch Broudic à 11:47 - - Commentaires [0]
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24 janvier 2012

La politique linguistique devant le Conseil Culturel de Bretagne

gallésants manif-1Le Conseil Culturel de Bretagne s'est réuni comme prévu samedi dernier pour débattre surtout du projet d'actualisation de la politique linguistique qui sera soumis la semaine prochaine au Conseil régional de Bretagne. Cette session du CCB a été pour la première fois le théâtre d'une mini-manif dans les rangs du public : lors de l'intervention de Lena Louarn, Vice Présidente en charge des langues de Bretagne, une quinzaine de militants gallos se sont levés pour l'écouter debout, un masque blanc sur la bouche, comme pour signifier qu'ils n'avaient pas le droit de s'exprimer en leur langue.
Plusieurs responsables d'associations gallèses, notamment Bértran Ôbrée, le directeur de Chubri, ont fait part de leurs inquiétudes par rapport aux mesures prévues en faveur du gallo dans le nouveau plan de politique linguistique, qu'ils jugent insuffisantes.
Lena Louarn leur a assuré
qu'elle les recevrait dès le 9 février pour faire le point sur l'action régionale en faveur de la langue gallèse.
L'avis voté en assemblée plénière par le CCB reflète ces inquiétudes. Il demande que soient mises en œuvre des procédures innovantes pour l'ouverture de filières d'enseignement du gallo pouvant conduire à un bilinguisme gallo-français. Il suggère en outre que soit établi un état des lieux approfondi sur la situation du gallo, de manière à concevoir une politique redonnant de la légitimité à la pratique du gallo par ses locuteurs.
La manifestation gallèse de samedi n'a pas été du goût du représentant de l'Institut culturel de Bretagne au sein du CCB, Alain Monnier, par ailleurs membre du CESER. Selon la déclaration par lui transmise à l'Agence Bretagne Presse, ces "prétendus" défenseurs du gallo "ont eu une attitude volontairement offensante" : en manifestant masqués, ils se seraient transformés, dit-il, "en clones d'un dirigeant d'extrême-droite". C'est le propos d'Alain Monnier qui est offensant, et manifestement excessif : ce n'est quand même pas la première fois que des militants linguistiques manifestent ainsi avec la main ou un masque sur la bouche.

L'avis circonstancié du CCB
C'est par 48 voix contre 6 et 3 abstentions que le Conseil Culturel a voté son avis sur le projet d'actualisation de la politique linguistique. C'est un avis positif, mais critique sur plusieurs points. On peut en retenir les éléments suivants.

  • En premier lieu, le CCB "apprécie que la politique linguistique ait été élaborée en continuité de celle qui a été votée en 2004. Il considère comme très positif que le texte reprenne les principes fondamentaux posés en 2004 et confirme l'ensemble des politiques engagées au cours du mandat précédent."
  • Il apprécie de la même manière "la volonté de la Région de parvenir à une généralisation de l'enseignement des langues de Bretagne."
  • Mais le CCB a clairement émis des réserves sur quelques-unes des dispositions annoncées dans le nouveau plan de politique linguistique. Il souhaite ainsi que "l’Office Public de la Langue Bretonne soit confirmé dans son rôle de référent mais n’exerce aucune fonction de contrôle".
  • Il demande par ailleurs au Conseil Régional "de retirer la disposition donnant mission à l’Office de la langue bretonne de 'veiller à la bonne utilisation des normes linguistiques', ce qui introdui[rait] un contrôle de celui-ci sur les acteurs culturels et les médias."
  • De la même manière, le Conseil Culturel "souhaite vivement que le nouveau dispositif pour le soutien aux traductions en langue bretonne ne soit pas limité aux ouvrages rédigés dans une seule des orthographes en usage. En outre, il est fortement souhaitable [aux yeux du CCB] que, afin de respecter la liberté éditoriale, le politique n’intervienne pas dans les choix esthétiques."
  • Le Conseil culturel de Bretagne s'interroge enfin sur certaines affirmations contenues dans la première partie du document, concernant par exemple "la limite traditionnelle entre le breton et le gallo" qui aurait perdu peu à peu de son sens. Le CCB à cet égard "propose que la signalétique soit au minimum français breton en Basse-Bretagne et français gallo en Haute-Bretagne."

Cette importante prise de position du Conseil Culturel de Bretagne est nette et n'avait sans doute pas été anticipée. Il reste à voir comment elle va être prise en compte par le Conseil régional lors de sa séance du 2 février prochain.

Pour en savoir plus :
le texte complet de l’avis du CCB sur la politique linguistique : CCB_Avis_politique_linguistique

Posté par Fanch Broudic à 23:57 - - Commentaires [4]
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