18 novembre 2009
Un Armor tout neuf
J'ai pu découvrir la nouvelle formule du magazine Armor en avant-première, avec la complicité de Marc Sochard et Yann Guénégou, lors du Festival du Livre de Carhaix. Autrefois il s'appelait "Armor magazine" : aujourd'hui "Armor" (tout court) se présente comme "le magazine de la Bretagne au présent". C'est sûrement plus in.
La nouvelle maquette est plutôt séduisante, avec une mise en page beaucoup moins dense et plus aérée, une typographie plus lisible, un titrage plus accrocheur, moins de brèves et des comptes rendus ou articles un peu plus consistants, en particulier dans les pages "culture" et livres" La une de couverture me paraît moins réussie, et pour tout dire décalée par rapport à la maquette. Le titre à la une est ambigu : quand vous lisez "La pêche en eaux troubles", ça vous dit quoi ?
L'édito n'est plus signé comme il l'avait toujours été jusqu'à présent de Yann Poilvet, le fondateur, mais de sa fille Anne-Edith, la rédactrice en chef : il sera intéressant d'observer si ce sera à nouveau le cas dès le mois prochain. Dans un contexte de crise pour la presse, elle présente la nouvelle formule comme un pari sur l'avenir. Certes, mais je ne vois pas beaucoup d'autres mensuels en Bretagne qui puissent compter sur un panier aussi bien garni de 22 000 abonnés. Mais pour "résoudre l'équation gagnante papier-web" à laquelle aspire A.E. Poilvet, il va falloir aussi repenser le site web du magazine : en l'état, il ne risque pas de faire concurrence à la version papier… D'autres pourraient le faire : le nouveau site de la revue Armen, c'est quand même autre chose.
Sur le fond, Armor continue d'afficher son "attachement à la matière de Bretagne" et son souci de nous informer "sur cette Bretagne qui nous est chevillée au corps". Belles formules et joli programme. Je pense qu'à l'approche des élections régionales, les prochains numéros nous en apprendront davantage.
Déjà, question langue bretonne, Armor pourrait mieux faire. La revue présente bien évidemment en français diverses initiatives en ce domaine, et c'est précieux. Mais je ne vois dans chaque numéro que deux ou trois chroniques d'une vingtaine de lignes en breton. Ah si ! Les titres de rubrique, en haut de page, sont bilingues : c'est quand même symbolique. J'ai également repéré page 11 le titre en breton d'un article… en français. Heureusement qu'il existe des revues en breton. La différence, c'est qu'Armor est beaucoup plus lu et largement mieux diffusé.
Armor : en kiosque, ou sur abonnement à l'adresse : BP 90206, 22402 Lamballe cedex
http://www.armor-magazine.com/
http://www.armen.net/
17 novembre 2009
Kofi Yamgnane et le Togo : tout est à faire
Je connais Kofi puisque nous avons été étudiants à la même époque à Brest. Lui-même aime à rappeler que j'ai été le premier à l'interviewer pour la télévision, lorsqu'il a été élu maire de Saint-Coulitz (Finistère) en 1989 et qu'il a été ainsi le premier maire noir issu de l'immigration. Il avait été surpris que toutes les chaînes africaines avaient le soir même diffusé le reportage.
Kofi a fait une belle carrière politique en France. Mais il vient d'abandonner la citoyenneté française, pour pouvoir être candidat à la Président de la République du Togo, son pays d'origine, en février 2010.
Au Togo, Kofi Yamgnane est en campagne électorale et a déjà rendu visite à la plus grande partie des chefs de village. Hier soir il est venu expliquer le sens de sa démarche, à l'occasion de ce qu'on n'appellera quand même pas un meeting, devant une salle comble à Quimper.
Faire campagne au Togo, ce n'est pas simple. D'une part, on y parle 45 langues différentes du sud au nord. D'autre part, tout ou presque est verrouillé par l'actuel Président de la République, qui a succédé à son propre père. Enfin, les Togolais ont peur.
Kofi n'en considère pas moins qu'ils en ont assez et que le changement est à portée de main. Le Togo, dit-il, est un chantier et tout est à faire. Il a identifié les défis majeurs qu'il compte relever : l'alimentation, l'éducation, la santé, le chômage. Il y ajoute celui de la réconciliation : il faut faire vivre tout le Togo ensemble, mais il faut aussi que les Togolais parlent. S'il est élu, il a déjà prévu d'adopter plusieurs mesures emblématiques, comme la libération des prisonniers d'opinion.
Kofi lui aussi a peur, et il redoute la fraude électorale : il fait donc appel à la France et à l'Europe pour la que les élections soient réellement transparentes. Et en ce domaine aussi tout est à faire…
Je compte publier un article sur Kofi Yamgnane dans le prochain numéro de la revue en langue bretonne Brud Nevez.
13 novembre 2009
Les langues régionales à la Sorbonne
En 1999, avait été organisé à Paris, à l'Université Paris Descartes, un colloque intitulé : Langues et cultures régionales de France. Etat des lieux, enseignement, politiques, dont les actes avaient ensuite été publiés chez L'Harmattan. A un moment où la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires faisait l’actualité, ce colloque avait permis rencontres et débats entre linguistes, enseignants, acteurs de terrain, journalistes et personnalités politiques sur la situation des langues régionales de France.
L
es organisateurs ont jugé intéressant de reprendre le débat, dix ans plus tard, sur certaines thématiques, pour mesurer le chemin parcouru, faire à nouveau un état des lieux des questions non résolues, des nouvelles préoccupations, des débats en cours… Comme lors de la première rencontre, ils souhaitent laisser une large part à l’information et à la discussion sur la situation outre-mer.
Le colloque aura lieu à Paris, en Sorbonne, les 3 et 4 décembre prochains ; les séances de travail sont gratuites et ouvertes au public le plus large.
Les thématiques suivantes seront abordées :
Politiques : Les langues « régionales » sont-elles l’affaire des régions ? Quelle est la place respective de l’Etat et des collectivités territoriales ?
Au moment où les langues régionales entrent dans le « patrimoine » de la nation, ce qui implique une responsabilité et un engagement de l’Etat, il semblerait que la tendance soit à transférer aux collectivités territoriales la promotion des langues et cultures régionales et, le cas échéant, le financement des actions correspondantes. Ainsi, l’article L. 312-10 du Code de l’éducation suggère la signature de conventions Etat-Région. Comment peut-on concevoir la répartition des rôles entre ces différents niveaux institutionnels ? Quelles seraient les conséquences à terme d’un renvoi vers les autorités territoriales de questions qui concernent la vie du pays dans son ensemble ?
Cadre légal : Cadre constitutionnel, légal et réglementaire – Limites et possibilités. Faire sans la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ?
Entre 1999 et aujourd’hui, le débat autour de la Charte et du statut des langues régionales n’a guère cessé. L’Assemblée nationale et le Sénat ont modifié en 2008 la Constitution en mentionnant les langues régionales comme patrimoine de la nation. Un projet de loi relatif aux langues régionales est à l’étude et devrait être soumis à la représentation nationale. Les dispositions de ce texte n’impliqueraient aucune modification de la Constitution concernant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Quelle lecture peut-on faire de cet ensemble législatif et constitutionnel ? Quelles en sont les limites ?
Medias : Presse et medias en langues régionales
On sait l’importance des medias comme vecteur des langues. Ceci est encore plus vrai dans le cas des langues minoritaires car les medias, tout en légitimant la langue, jouent de surcroît un rôle dans son apprentissage. Le thème a pour objet de faire un état des lieux de la presse et des autres médias en langues régionales en France. Quelle audience, quel lectorat ? Quels moyens ont-ils ? Quelle est leur place dans les politiques linguistiques mises en œuvre ?
Table ronde : Le rôle des associations dans les politiques en faveur des langues régionales
D’une façon générale, les associations ont été les premières à prendre en charge la problématique de la survie des langues régionales. A leur suite, les pouvoirs publics ont commencé à élaborer des politiques dont les associations sont devenues les acteurs.
De nombreuses questions se posent : Quelle place spécifique les associations occupent-elles aujourd’hui ? Quelle est leur reconnaissance ? Quelles sont leurs compétences ? Quels sont les moyens dont elles disposent ? Quelles évolutions souhaitent-elles ?
Prendre connaissance du programme du colloque, sur fichier PDF : Programme
11 novembre 2009
Mona Ozouf à Plouha… et sur France Culture
Belle émission ce matin dans "La fabrique de l'histoire" d'Emmanuel Laurentin, sur France Culture. C'était le deuxième épisode d'une série intitulée "Egohistoire".
Les noms de Jacques et Mona Ozouf ont été donnés à une école de Plouha, dans les Côtes d'Armor, en septembre dernier. Et c'est précisément dans cette école publique que Mona Ozouf, fille de l'instituteur Yann Sohier, a fait ses études primaires. Elle y est donc retournée et y a rencontré ses anciennes camarades de classe.
Le documentaire, signé de Perrine Kervran et Anne Fleury, fait un aller-retour permanent entre les souvenirs des anciennes élèves et la lecture plus distancée de l'historienne, quelques mois après la parution de sa "Composition française". L'émission confronte astucieusement les représentations anciennes à celles d'aujourd'hui, concernant de nombreux thèmes comme la concurrence entre l'école laïque et l'école religieuse, le poids de la religion et celui de la modernité, les traditions politiques et… la question de la langue bretonne, incontournable en la circonstance.
Je ne vais pas raconter l'émission, puisqu'on peut la podcaster pendant une semaine, je crois, sur le site de France Culture, et ensuite l'écouter bien plus longtemps encore.
Parle-t-on breton à Plouha ?
Juste une remarque sur le fait que Plouha ait été situé pendant l'émission "dans ce pays gallo qui assez tôt s'est francisé". Cette formulation est ambiguë. Plouha s'exprime en français aujourd'hui, soit. Mais lorsque Coquebert de Monbret rédige son enquête sur la limite linguistique en 1806, il considère Plouha comme étant en zone bretonnante. En 1862, J. Gaultier du Mottay note également que la limite entre les deux langues, breton et gallo, part de Plouha. En 1886, Sébillot observe que "dans tout Plouha, on parle breton et souvent aussi le français". En 1890, on prêche en breton à Plouha. Jusqu'en 1949, la commune a été incluse par l'Évêché dans l'archidiaconé bretonnant de Tréguier.
La situation a commencé à évoluer au XXe siècle. Le linguiste Albert Dauzat rapporte en 1925 le témoignage du curé doyen, l'abbé Dagorn, selon lequel "il serait bientôt obligé de cesser les prédications en breton, sous peine de ne plus être compris". Les enfants ne suivent déjà plus le catéchisme en breton. Mais juste avant la dernière guerre, les enquêtes de l'Évêché signalent que l'une des messes à Plouha est toujours à prédication bretonne, l'autre à prédication française.
Ce que confirme un ancien vicaire de 1938, l'abbé Chalony, avec qui j'ai correspondu : ses dernières interventions régulières en breton à la messe du matin s'arrêtent cependant en 1939. Une autre enquête de terrain qu'effectue R. Panier révèle qu'à Plouha "seuls quelques rares vieillards parlent encore le breton et la plupart des adultes ne le connaissent pas" : c'était en 1942.
Aujourd'hui, l'association "Kalon Plouha" propose des cours et des stages de breton. Elle a même mis en ligne les six fascicules de l'Atlas Linguistique de la Basse-Bretagne de Pierre Le Roux.
J'en reviens à "La fabrique de l'histoire". Il est exact que l'usage du français s'est généralisé à Plouha dès la première moitié du XXe siècle, anticipant sur ce point ce qui se passera ultérieurement dans toute la Basse-Bretagne. Mais historiquement Plouha ne peut pas, me semble-t-il, être situé en pays gallo.
Le site de "La fabrique de l'histoire", sur France Culture : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/
Celui de l'association "Kalon Plouha" : http://www.kalon-plouha.bzh.bz/
Pour en savoir plus :
Fañch Broudic : A la recherche de la frontière. La limite linguistique entre Haute et Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles. Brest : Emgleo Breiz, 1995, 179 p., cartes.
10 novembre 2009
Rokia Traoré et les langues
Rokia Traoré est en concert à la Carène, à Brest, ce soir. À cette occasion, Ouest-France publie le récit, non signé cependant, d'une rencontre sympa avec la chanteuse, accompagné d'une photo toute en mouvement de Béatrice Le Grand.
La chanteuse venue du Mali se souvient que sa "première véritable tournée", ce fut en Bretagne : "il y a dans cette région une curiosité pour ce qui vient d'ailleurs, de la part des promoteurs et du public, qu'on ne trouve pas ailleurs".
Rokia Traoré chante en français et en bambara. Comme le bambara est "une langue orale", elle a dû apprendre à l'écrire. Du coup, elle a pris conscience de nouveaux enjeux d'expression : "si l'écriture permet la précision, en contrepartie, elle fige la réalité".
"Je suis Malienne, mais je pense en français", dit encore Rokia Traoré, qui ajoute : "Beaucoup de choses sont expliquées par la langue, beaucoup de choses sont dites par les langues sur leur pays, leur peuple".
Le dernier disque de Rokia Traoré, "Tchamantché" (ce qui veut dire "équilibre") lui a valu une Victoire de la musique.
09 novembre 2009
11 novembre
L'an dernier, c'était le 90e anniversaire de la fin de la première guerre mondiale. Cette année est donc le 95e anniversaire de son début. Ce n'est pas à l'occasion du 11 novembre qu'on devrait en parler, puisque c'est en août que la guerre fut déclarée. Mais la célébration de l'armistice est sans doute beaucoup plus présente dans la mémoire collective. Plusieurs publications récentes reviennent sur cet événement qui a énormément marqué l'histoire de la Bretagne comme celle de la France et celle de l'Europe tout entière.
La Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne vient ainsi de faire paraître les mémoires du colloque qu'elle avait tenu l'an dernier à Saint-Nazaire. Au sommaire, divers articles sur les guerres franco bretonnes aux XIVe et XVe siècles, sur Nantes en 1487 (année où l'armée française était venue mettre le siège devant le château du duc de Bretagne), sur la période de la Révolution et la chouannerie, sur la construction et reconstruction de Saint-Nazaire… Les amateurs d'histoire sont gâtés : il y en a 750 pages en tout.
J'en viens aux trois articles qui concernent la guerre 14-18. Bertrand Frélaut revient sur le décompte du nombre véritable des victimes bretonnes de la Grande Guerre. Ce débat a longtemps été dominé par ce qu'il appelle "le mythe" des 240 000 Bretons morts pour la France. Jean-Yves Broudic en traitait déjà l'an dernier dans son livre sur le suicide et l'alcoolisme en Bretagne (voir message du 25 août 2008). Des relevés systématiques ont été effectués sur les monuments aux morts des 261 communes du département du Morbihan : ils aboutissent à un total d'un peu plus de 24 000 morbihannais morts pour la France pendant la première guerre mondiale. On peut en déduire, d'après Bernard Frélaut, que 130 000 à 150 000 Bretons sont morts entre 1914 et 1918.
Du breton sur les monuments aux morts
Annick Mévellec et Bernard Carré se sont penchés quant à eux sur l'histoire des 340 monuments aux morts érigés avant 1940 dans le département des Côtes-du-Nord (actuelles Côtes d'Armor). Ils s'intéressent à la chronologie, aux matériaux, aux sculpteurs. Ils ont également relevé les inscriptions en langue bretonne figurant sur les monuments d'une douzaine de communes (dont ils reproduisent le texte, avec traduction française en regard) et signalent les discours prononcés en breton lors des inaugurations : les acteurs "désirent montrer de cette façon leur solidarité, leur empathie et leur proximité dans ce moment de l'inauguration dans la langue que les populations connaissent le mieux". La même recherche mériterait d'être conduite dans les autres départements.
Laurence et Patrice Maillard, avec Thérèse Roger, ont étudié le courrier expédié par les 662 habitants de Campbon mobilisés pendant le conflit. Campbon est alors une commune rurale d'un peu plus de 3 000 habitants, à 25 km de Saint-Nazaire. Elle se distingue par "une mémoire très catholique de la guerre". Il est vrai que parmi les mobilisés originaires de la commune, 204 ne reviendront pas : le monument aux morts et (ce qui est plus rare) des monuments privés en témoignent.
La guerre finira bientôt ?
René Abjean vient également de retrouver dans un grenier plus de 700 cartes postales adressées par son grand-père à sa femme et à ses enfants pendant quatre ans. Il leur écrit pratiquement tous les jours et leur prédit que cette guerre qui n'en finit pas "finira bientôt". René-Noël Abjean, qui sera maire de Plouguerneau entre les deux guerres, maîtrise parfaitement le français, mais ses cartes sont entrecoupées de phrases en breton pour désigner secrètement le lieu où la guerre l’a conduit, au front ou à l’arrière. Il lui arrive pour cela d’être censuré.
Dans sa correspondance, il raconte les épisodes tragiques qu’il a connus, mais aussi la vie routinière près des tranchées ou à l’arrière. En même temps, les lettres qu’il reçoit au front nous renseignent sur la vie à Plouguerneau à la même époque. René-Noël Abjean témoigne de la manière dont ont été vécus dans le Léon les grands événements de la première moitié du XXe siècle.
Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, tome LXXXVII, 2009 : 1, rue Jacques Léonard, 35000 Rennes. Site internet : www-shabretagne.com
René-Noël Abjean. La guerre finira bientôt : 1914-1918 à Plouguerneau et au front. Édition présentée par René Abjean. Un volume de 341 pages. Vient de paraître aux éditions Emgleo Breiz. Contact.
Décès d'un écrivain de langue bretonne : Sylvain Loguillard
Sylvain Loguillard vient de décéder à Saint-Brieuc, à l'âge de 95 ans. Né en 1914 à Yvias, il a fait toute sa carrière dans l'enseignement public, puisqu'il a été instituteur à Runan, Calanhel et Bégard, avant de devenir directeur de collège à Dinan, puis principal du collège Beaufeuillage à Saint-Brieuc.
Sylvain Loguillard a toujours été quelqu'un d'actif et d'engagé. Pendant la dernière guerre, il a participé à la Résistance en hébergeant des maquisards et les réfractaires du STO.
Il a marqué de son empreinte la vie associative dans les Côtes d'Armor, puisqu'il a été Président de la FOL (Fédération des Œuvres Laïques) ainsi que de la MGEN (la mutuelle des enseignants) dans le département.
Il s'est impliqué dans la vie politique locale et régionale : il a été adjoint chargé des sports et des écoles dans la municipalité d'Yves Le Foll, de 1977 à 1983, puis conseiller municipal sous la mandature de Claude Saunier, de 1983 à 1989. Il a également représenté la Ville de Saint-Brieuc au Conseil Régional de Bretagne, de 1981 à 1986.
Enfin, Sylvain Loguillard a pris une part active à la vie culturelle régionale. Il parlait et écrivait couramment le breton, et le breton a toujours fait partie de sa vie, aussi bien lorsqu'il était en activité que lorsqu'il a pris sa retraite.
Il s'était fait ainsi une spécialité de chansons d'actualités en langue bretonne qu'il a publiées pendant des années à partir de 1975, dans l'hebdomadaire costarmoricain "Le Combat". Ces textes ont ensuite été réunis en un volume sous le titre "Kanaouennou ha barzonegou-stourm" (Chansons et poèmes de combat).
Sous le pseudonyme de Visant an Askol, Sylvain Loguillard a par ailleurs publié plusieurs autres ouvrages en langue bretonne : des sketches plutôt caustiques, et surtout ses souvenirs : souvenirs de collégien, par exemple, ou de militaire en Tunisie au début de la dernière guerre.
Il était un excellent bretonnant : à l'oral comme à l'écrit, son breton avait la couleur du Goélo, dont il était originaire. Il collaborait régulièrement à la revue en langue bretonne "Brud Nevez", à laquelle il avait encore adressé ces derniers temps une chanson sur le travail du dimanche.
Emgleo Breiz rend hommage à la mémoire de Sylvain Loguillard, dont les bretonnants garderont le souvenir d'un auteur à la plume alerte, qui savait restituer les situations qu'il décrivait avec émotion, une bonne dose d'humour et beaucoup de justesse.
Ses obsèques seront célébrées au Funérarium de Saint-Brieuc, jeudi 12 novembre à 14 heures 30. Une cérémonie aura lieu ensuite à l'église d'Yvias à 16 heures 30, avant l'inhumation.
08 novembre 2009
Le Conseil Culturel de Bretagne : quasiment opérationnel
La mise en place du nouveau Conseil Culturel de Bretagne se poursuit : il s'est à nouveau réuni samedi 7 novembre à Rennes. C'était la seconde session de ce Conseil (cliquer pour agrandir la photo), dont la création a été décidée par la Région pour lui donner des avis sur tout ce qui concerne la vie culturelle bretonne.
La plus grande partie de la réunion de samedi a été consacrée à l'adoption d'un règlement intérieur : c'est le préalable nécessaire au fonctionnement de toute assemblée de ce type. Cinq commissions ont été définies selon un schéma somme toute assez classique. J'aurais préféré pour ma part des commissions plus transversales, mais mes propositions n'ont pas été validées. Les commissions, qu'il reste maintenant à constituer, sont donc les suivantes :
- enseignement et éducation populaire
- spectacle vivant et création culturelle
- médias et édition
- patrimoine et histoire
- droit et relations internationales.
Le bureau a, quant à lui, été complété. Outre le Président, Paul Molac, et la Vice-Présidente, Catherine Latour, déjà élus, il comprend désormais :
• Alain Monnier (IRPA)
• Yannig Baron (Dihun)
• Claudine Penhouet (Entente du pays de Lorient)
• Hervé Latimier (Al Liamm)
• Philippe Chain (personnalité qualifiée)
• Bernard Le Roux (France 3 Ouest).
• Jean-Michel Le Boulanger (Université de Bretagne-sud).
Un projet de résolution appelant au vote d'une loi en faveur des langues régionales n'a pas été approuvé dans les termes où il était présenté au Conseil.
05 novembre 2009
Où est le paradis ?
Les 19èmes rencontres interrégionales "langues et cultures" se déroulaient aujourd'hui à Brest avant de migrer demain, vendredi, vers Quimper. Les délégués des différentes régions ont été très officiellement reçus à l'Hôtel de Ville par Anne-Marie Kervern, maire adjoint chargée de l'insertion par le dialogue des cultures.
De toute évidence, ils apprécient leur séjour en Bretagne. Ils découvrent chaque jour de nouvelles activités liées à la langue bretonne. Un occitan déclarait : "quand on voit toutes les réalisations qui se font ici, on reprend des forces".
D'autres participants en viennent à parler de "l'exemple breton" et, voyant tout ce qui se fait en Bretagne par rapport à ce qui ne se fait pas chez eux, considèrent d'une certaine manière la Bretagne comme une sorte de paradis. J'avais observé la même réaction il y a deux ou trois ans lorsqu'une délégation de Saxe, visitant la Bretagne à l'invitation de K. Guyonvarc'h, Vice-Président du Conseil régional, était venue à France 3 : ils se demandaient bien comment réussir à faire pour le sorabe tout ce qui se fait ici pour le breton.
Et pourtant, si les Bretons qui organisent ces 19èmes rencontres ont quant à eux invité le Directeur de l'Office de la langue galloise à faire une conférence à Landerneau, c'est qu'en matière de politique linguistique le Pays de Galles apparaît aussi, ici, comme une sorte de paradis celtique.
Je suis d'accord : il est toujours stimulant de découvrir les expériences et les réalisations des autres. Mais une question se pose : le paradis serait-il toujours ailleurs ?
Voir dans l'album les photos de la réception à la Mairie de Brest.
04 novembre 2009
Fréquentation
Depuis l'ouverture de ce blog, il y a un peu plus d'un an, ce sont déjà plus de 25 000 personnes qui lui ont rendu visite. Ce qui veut dire que chaque semaine ce sont en moyenne 500 visiteurs qui se connectent. Il y a les réguliers et les nouveaux. Il y a les Français et ceux qui se connectent depuis l'étranger. Il y a les utilisateurs de Windows et tous ceux qui sont sous Mac. Il y a ceux qui viennent par Google et tous ceux qui arrivent d'une autre façon. Il y a ceux qui s'intéressent au "Bro goz" et ceux qui veulent partager une réflexion sur la langue bretonne (et… sur quelques autres sujets, à l'occasion). Il y a…
Merci à tous pour votre intérêt.





