Le blog "Langue bretonne"

01 octobre 2014

Nantes : des lunettes très bretonnes

Lunettes Naoned 3

Rien à voir, apparemment, avec la méga-manif qui a réuni de 13 000 à 40 000 personnes (selon les sources), dimanche dernier, pour réclamer pour la Nième fois la réunification de la Bretagne et que les habitants de la Loire-Atlantique puissent décider eux-mêmes de changer de région d'appartenance.

En fait, l'actualité, le week-end dernier, c'était aussi le SILMO. Vous ne connaissez pas ? Moi non plus. Je décrypte : Salon International de la Lunetterie, de l’optique oculaire et du Matériel pour Opticiens. À Villepinte, près de Paris, forcément. À cette occasion, Ouest-France publiait hier en page Cultures-Magazine un papier tendance sur les lunettes qu'on remarque et qu'on ne perd pas.

Des montures "Montroulez"

Plus haut dans le journal, coincée entre les Sports et la Bourse, se nichait une page Entreprendre sur laquelle on s'arrête un peu par hasard. Le titre est intriguant : "Il dessine et vend des lunettes 100 % nantaises". L'article l'est encore plus, puisqu'il présente Jean-Philippe Douis, un opticien d'origine choletaise, installé à Nantes et qui a décidé de concevoir sa propre collection de lunettes.

LogoNAONED

Et comment s'appelle-t-elle, cette collection ? "Naoned". Du nom en langue bretonne de la ville de Nantes. L'article de Marylise Couraud raconte tout sur la genèse et le succès des lunettes siglées Naoned, dont chaque monture porte de surcroît le nom d'une ville bretonne. Oui, mais… ce qu'elle ne précise pas c'est qu'il ne s'agit pas du nom que tout le monde connaît pour les villes de Bretagne, mais bien du nom breton de chacune d'entre elles : Gwened (Vannes), Kemper (Quimper), Konk Kerne (Concarneau), Montroulez (Morlaix)… Il y en a une trentaine en tout.

Je vais de découverte en découverte en visitant le site des lunettes Naoned, car il est accessible en trois langues différentes : en français (ça va de soi), en anglais (comment faire autrement pour vendre à l'international ?) et en breton. Sur sa page Facebook, la marque affiche un slogan en breton : "Lunedoù a zu màn" (Les lunettes de chez nous). Tout ceci demandait investigation.

Naoned Douis Melou b

Un choix porteur ?

J'ai pu joindre Jean-Philippe Douis ce matin au téléphone. Sa motivation tient tout d'abord à son itinéraire personnel. Après ses études d'optique, il a eu l'opportunité de faire de multiples remplacements en Bretagne : il y a trouvé, dit-il un accueil et une chaleur humaine rares. Il a fréquenté Les Vieilles Charrues et ses bénévoles : Aristide Melou, le fils de l'un d'entre eux, est devenu son associé.

Quand il a voulu lancer sa propre marque de lunettes, il s'est souvenu d'un slogan des années 90 : "nos emplettes sont nos emplois". Ses lunettes sont donc entièrement conçues et fabriquées à Nantes. Je lui ai demandé si le choix du breton est porteur ? Réponse :

  • "Ça ne nuit en rien. Ça déclenche plus de sourires que de business. Mais le retour est positif. Ça amuse les clients, et ça va droit au cœur. Ça suscite un capital sympathie, puis ça déclenche l'acte d'achat. À design équivalent, les gens préfèrent des lunettes qui portent le nom de la ville de leur grand'mère ou de celle où ils vivent."

L'envie du moment

Jean-Philippe Douis ne donne pas dans le marketing à tout crin : le nom de marque "Naoned" n'est pas écrit en grosses lettres voyantes sur la monture, mais discrètement sur la branche, à l'intérieur. Il a observé que ses clients identifient bien la langue bretonne : "ils sont fiers de porter des lunettes bretonnes, et le retour est excellent". Même les grossistes, précise-t-il, sont sensibles à l'idée de vendre des produits localisés.

L'aventure des lunettes Naoned a débuté il y a quatre ans et son développement va encore prendre du temps. Mais elle est stimulante. Pour l'instant, les porteurs du projet n'ont pas les moyens d'adhérer à "Produit en Bretagne". Pour l'instant, ils travaillent énormément et n'ont vraiment pas le temps d'apprendre le breton : ils ont donc dû faire appel aux traducteurs de l'Office public de la langue bretonne pour la version bretonne de leur site. Il devrait être en .bzh sans tarder. Leur envie secrète du moment ? Organiser d'ici quelques semaines un grand fest-noz à Nantes pour faire le buzz. Dans leur esprit, Nantes est déjà bel et bien en Bretagne.

Pour en savoir plus :

  •   L'article de Marylise Couraud dans Ouest-France, page "Entreprendre", 30 septembre 2014.
  •   "Voir la vie en Breizh", un article de Maiwenn Raynaudon-Kerzerho, dans le n° 99 du magazine "Bretons".

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29 septembre 2014

Quand l'Agence Bretagne Presse s'autocensure

J'ai été très surpris, hier, lorsque j'ai consulté la veille internet qui me signale les news sur différents sites, dont celui de l'ABP. J'ai été intrigué par le titre d'une info annonçant qu'Hervé Gourdel – qui vient d'être assassiné en Algérie, comme tout le monde le sait – était Breton.

Or, j'avais cru comprendre que c'était un Niçois : vérification faite sur le site de BFMTV, reprenant une dépêche de l'AFP, son village natal est très précisément celui de Saint-Martin-Vésubie, en occitan Sant Martin de Lantosca, dans les Alpes-Maritimes.

Mais j'en reviens à l'ABP, car – et ce fut ma deuxième surprise - la page concernée n'existait plus sur son site lorsque j'ai voulu la consulter ! Impossible d'y accéder. Message d'erreur.

Gourdel ABP

Après enquête auprès de lecteurs dont je sais qu'ils se connectent assidûment sur le site de l'Agence Bretagne Presse (3 000 connexions par jour, dit-on), j'ai eu confirmation que l'information a bien été mise en ligne sous la signature de Philippe Argouach en personne, fondateur (en 2003 avec Ronan Le Flécher) et directeur de l'agence (ayant auparavant résidé aux États-Unis). Les moteurs de recherche en font toujours état, mais elle a définitivement disparu du cloud.

L'un de ces lecteurs n'avait pas pu s'empêcher de poster un commentaire, se demandant si le fait d'être Breton revêtait une importance particulière dans les circonstances actuelles. Il interpellait ironiquement le rédacteur de l'ABP : cela voulait-il dire qu'une tête de Breton était aussi décapitable qu'une autre ? Ou bien qu'il fallait redouter que les djihadistes de Daesh ne ciblent particulièrement les Bretons au passé catholique, missionnaire et peut-être même colonialiste bien connu ?

Non seulement ce commentaire n'a-t-il jamais été publié. Mais l'info elle-même a été retirée. Il valait peut-être mieux. Ce fut la troisième surprise du moment. 

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26 septembre 2014

La libération de la Bretagne : à voir à la télé

Kostiou Jeremy-3     Mockerman Wayne-2

Deux personnes scrutant le ciel de Normandie et commentant en breton la descente de dizaines de parachutes l'avant-veille de la commémoration du 70e anniversaire du débarquement : la première séquence du nouveau documentaire de Ronan Hirrien est un peu longuette, d'autant qu'on ne sait presque rien des protagonistes.

L'un, Jeremi Kostioù (photo de gauche), est un étudiant de 24 ans, qui se passionne pour la Première et pour la Seconde Guerre mondiale, collectionneur d'objets et de documents liés à ces deux conflits (ci-dessous). On devine que l'autre, Wayne Mockerman (photo de droite), est américain et qu'il s'est engagé dans l'armée US lors de la guerre d'Irak : il a découvert la langue bretonne en venant ensuite passer quelques jours à Quimper, et il la parle fort bien.

Tous deux sont présents tout au long de ce 26'. Ils rencontrent tour à tour des vétérans du débarquement et de la libération de Brest, un professeur d'histoire et quelques acteurs de la Résistance en Bretagne. On y parle français avec l'accent du Québec, américain, breton. Le dernier intervenant, Akira Peters, est le fils d'un sous-marinier allemand de la dernière guerre, venu il y a une dizaine d'années s'installer dans la région de Roscoff : lui aussi s'exprime plutôt bien en breton, et c'est la première fois qu'il se rendait au cimetière allemand de Lesneven.

Le film a été tourné en quelques jours, mais a nécessité une préparation minutieuse et de faire appel à des réseaux. Pas de révélations déterminantes sur l'histoire de la Libération de la Bretagne, mais des souvenirs, des impressions, de l'émotion parfois et quelques réflexions sur l'engagement, la guerre et la paix. Le film est illustré d'images d'archives, dont certaines peu connues sur la libération de Guingamp et sur le maquis de Coat-Mallouen, en Saint-Connan.

Le titre aurait gagné à être plus engageant. "Hanvezh 44, dever koun" (Été 44, devoir de mémoire) sera diffusé dimanche 28 septembre à 11h00 dans l'émission "Bali Breizh" sur France 3 Bretagne. Il pourra ensuite être vu et revu sur le site internet de la station régionale.

     Kazetenn amerikan Brest-2

 dillad soudard amerikan-2

31 août 2014

T'es breton (sic) si…

René Perez a fait fort dans Le Télégramme en cette deuxième quinzaine du mois d'août. Il est vrai que l'actualité en cette saison n'a pas été beaucoup plus chaude que la météo (quoique…). Rien de mieux, donc pour un quotidien régional que de proposer, en dernière page de préférence, un bon feuilleton sur un sujet qui retiendra forcément l'attention des lecteurs habituels du journal, mais aussi et surtout celle des occasionnels, autrement dit les touristes. C'est d'ailleurs à ces derniers qu'il s'est adressé directement.

Et ça, René Perez sait le faire. Il a le clavier facile et le sens de l'humour. Il a un vif esprit d'à-propos et maîtrise les associations d'idées comme pas deux. Il enchaîne les digressions sans la moindre hésitation. Enfin, il connaît bien son Finistère, la Bretagne et les Bretons. Surtout ne pas confondre avec son homonyme, le réalisateur du film "Alien Showdown" : il en serait vert. Ni avec le photographe new-yorkais Carlos René Perez.

Tgr T'es Breton si

Le 14 août, notre René Perez à nous s'est donc paré d'un costume de druide et il a entrepris d'expliquer aux lecteurs de passage du Télégramme comment y comprendre quelque chose à la Bretagne et aux Bretons typiques. Il a tenu six épisodes, tous illustrés d'un dessin de Nono. Plus une rallonge commentant les commentaires postés sur Facebook. Et encore ce matin un tout petit grain de sel en bas de page 8 de l'édition dominicale. Belle performance.

La série – il faut bien l'appeler comme ça, car Le Télégramme c'est comme à la télé – a inévitablement commencé par la météo. Tout y est passé. René nous l'a expliqué en pleine page à chaque fois : T'es breton…

  • Si tu es branché météo
  • Si tu le proclames
  • Si tu es gwenn ha du
  • Si tu as le sens de la fête
  • Si tu es cabochard
  • Si tu es beurre…

Un travail de sociologue, quasiment, car tout ça n'est pas faux. Il est vrai que les journalistes sont d'une certaine manière les sociologues du temps présent. Je ne doute pas un instant que ces six articles de René Perez deviennent collector. Une belle et amusante réflexion qui ne manquera pas d'intriguer les étudiants désireux de se spécialiser en tourisme breton, et - forcément - tous ceux qui se penchent sur les subtils éléments constitutifs de l'identité bretonne.

Je me pose juste une question : pourquoi donc René Perez n'a-t-il pas abordé le sujet de la langue bretonne ? Par ignorance ? Je ne le crois pas. Par frilosité ? Ce n'est plus un sujet scabreux aujourd'hui. Par ignorance ? Ce n'est pas possible, car un journaliste comme lui sait parfaitement où dénicher l'info. Ou alors c'est un sujet dont on ne rigole pas.

Or, tous les touristes qui viennent passer ne serait-ce qu'un week-end en Bretagne sont convaincus que les Bretons – tous, mis à part quelques-uns – parlent le breton, dans le Finistère plus particulièrement : il aurait  fallu les éclairer, non ? J'en connais qui ont appris le breton avant de venir ici en vacances ! Car t'es Breton aussi (et dans ce cas-là, le terme ne s'écrit pas avec un "b" minuscule) si tu parles le breton (ici c'est la minuscule qui s'impose), non ? D'ailleurs, il y a un proverbe qui l'affirme haut et fort. Au début du XXe siècle, n'étaient considérés comme Bretons que ceux qui parlaient la langue (et la plupart ne connaissaient qu'elle). En conséquence de quoi, étaient Français ceux qui ne savaient que le français, c'est évident.

Les temps ont bien changé. Sur les Bretons bretonnants d'aujourd'hui et même sur les brittophones, n'y aurait-il pas eu beaucoup à dire également ? Il est vraiment bizarre que René Perez ait oublié de le faire. L'été prochain, peut-être ? 

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29 août 2014

Comment dit-on "pitch dating" en breton ?

Vue salle-1

Il n'est pas si facile de dénicher l'exact équivalent français de cette expression typiquement anglaise : les dictionnaires en ligne comme Reverso ne la mentionnent même pas. En fait, elle n'est sans doute connue que dans le monde de la fiction ou du cinéma : le festival Court-Métrange a déjà organisé deux événements de pitch dating à Rennes les années passées et il en prévoit un autre le 14 octobre prochain au Ciné TNB concernant des court-métrages insolites ou fantastiques.

La langue bretonne vient à son tour d'adopter le concept (sans plus le traduire que le français) : le premier pitch dating concernant le film de fiction en breton vient d'avoir lieu dans le cadre du festival de Douarnenez, mercredi dernier, et il a réuni une cinquantaine de participants.

Le terme "pitch" est un anglicisme désignant le bref résumé d'un scénario de film : difficile de faire plus court pour en dire aussi long, et il n'est donc pas surprenant que l'emprunt se soit imposé en français. Le pitch dating est dès lors une rencontre d'une durée strictement limitée dans le temps entre professionnels, d'une part des réalisateurs porteurs de projets et d'autre part des producteurs ou des diffuseurs susceptibles de les retenir. À Douarnenez, les premiers disposaient de 5 minutes chrono pour décrire leur projet, et d'autant pour répondre aux questions qui leur étaient posées.

Stéphane Ac'h-1      Kenan an Habask-1     Gérard Gwenn-2   Fanny Chauffin-1

En photo, de gauche à droite, quatre porteurs de projet : Stéphane Ac'h, Kenan an Habask, Gérard Gwenn, Fanny Chauffin.

Cette première expérience n'était pas sans intérêt, puisque ce ne sont pas moins de dix projets de fiction en langue bretonne qui ont été défendus au cours de l'après-midi. Ceux qui les ont présentés avaient des profils très divers : auteurs de romans ou de nouvelles en français ou en breton désireux de transposer leur création littéraire à l'écran, enseigants impliqués dans des projets vidéos, créateurs, documentaristes ou journalistes, comédiens… Ils ont connu ou connaissent des expériences professionnelles multiples et diverses. Si la plupart ne songent qu'au court, quelques-uns visent carrément le long-métrage. Chose étonnante : tous ne sont pas bretonnants.

Face à eux, trois diffuseurs : Brezhoweb, France 3 Bretagne, et le consortium des télés locales de Bretagne. Et près d'une dizaine de sociétés de production, basées à Brest, Rennes, Carhaix et même Marseille. Parmi ces dernières, Tita Productions – c'est elle la marseillaise – vient de produire le premier court-métrage d'Avel Corre, "An dianav a rog ac'hanon" (L'inconnu me dévore), présenté en avant-première dans le cadre du Festival.

L'échange n'a pas été si intense entre les uns et les autres. Cela tient sans doute au fait que les porteurs de projet, dont plusieurs ont suivi des stages d'écriture avec Stumdi, Le Groupe Ouest et d'autres partenaires, se sont généralement contentés d'exposer dans le temps imparti l'histoire qu'ils aimeraient bien mettre à l'écran, sans plus. Ils ont exprimé un rêve de film, en y mettant de la conviction et une intensité variables. Mais le synopsis n'est pas toujours abouti, le scénario n'est pas finalisé, les dialogues ne sont pas encore écrits… De surcroît, les candidats paraissaient ne pas connaître les conditions de production ni les contraintes d'un tournage. La plupart ont sans doute été déçus de n'avoir pu nouer réellement de contact avec un producteur.

Festival Douarnenez catalogue b

Ça bouge, mais…

Ce pitch dating se voulait un appel à projets pour des fictions en langue bretonne. Il fait suite au tournage il y a quelques mois de "Lann Vraz", le premier long-métrage en breton, par Soazig Daniellou. Trois ou quatre courts-métrages de fiction en breton ont été projetés cette année dans le cadre du Festival de Douarnenez, ce qui n'est pas rien. Toutes ces initiatives témoignent d'un  nouvel état d'esprit et d'une envie de ne pas tourner que du documentaire - voire du film d'animation - en langue bretonne. Ça bouge, donc, mais on n'y est pas encore tout à fait.

Reste une question : pourquoi n'a-t-on pour ainsi dire parlé que le français au cours de ce pitch dating ? Un seul porteur de projet, d'ailleurs absent, s'est exprimé en breton par le biais d'une vidéo sous-titrée et pré-enregistrée. N'aurait-il pas été logique que tous aient été invités à le faire ? Ç'aurait été une autre manière de tester l'implication de chacun par rapport au film [en breton] qu'il voudrait tourner.

Maintenant que le festival de Douarnenez "réfléchit", selon le mot de Gérard Alle dans le catalogue, au moyen de faire que la présence du breton n'y soit pas que "symbolique", faut-il s'attendre à d'autres initiatives ? Déjà, une palabre en langue bretonne a eu lieu tous les matins avec Rahung Nasution, un réalisateur indonésien, avec traduction immédiate de l'anglais en breton et vice-versa.

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19 août 2014

Langue bretonne : la commune du Conquet s'investit

KonK-Leon-1

Le Conquet, son port de pêche (pour le crabe et le beau poisson), son port de transit (vers les îles de Molène et Ouessant), ses îles (plusieurs îles de l'archipel de Molène sont rattachées à la commune), ses plages et son patrimoine bâti (qui en font un haut lieu touristique). Et désormais son label niveau 2 de la charte "Ya d'ar brezhoneg".

Le label a été remis ce matin à Konk-Leon (le nom breton de la ville) par Lena Louarn en personne. La présidente de l'Office public de la langue bretonne a fait remarquer à cette occasion que ce sont 168 communes et 13 communautés de commune qui, de Nantes à Brest (la précision n'est pas anodine), sont désormais signataires de ladite charte.

Konk-Leon-2

Xavier Jean, le maire, et son adjoint bretonnant, Marcel Quellec, ont détaillé les actions qui ont permis à la commune du Conquet d'accéder à la labellisation : panneaux bilingues aux entrées et sorties de la commune, papier à en-tête bilingue, cartons d'invitations bilingues, signalétique bilingue sur la mairie, marquage bilingue sur les véhicules de la mairie, plaques de rues bilingues, éditorial bilingue dans le bulletin municipal…

Je ne dirais pas que tout est bilingue désormais au Conquet, au niveau de l'écrit tout au moins. Mais on voit bien que la commune a pris de multiples initiatives en ce sens, y compris la mise en place d'une initiation au breton dans une des écoles de la commune, les conditions n'ayant pas pu être réunies pour l'ouverture d'une classe bilingue.

Monsieur le Maire est bien d'accord que seuls les bretonnants peuvent lire l'éditorial en breton du bulletin municipal, mais les anciens le font, m'a-t-il assuré, à la maison de retraite en particulier. Comme personne à la mairie ne peut rédiger la version bretonne, c'est l'Office de la langue bretonne qui est sollicité en tant que sous-traitant pour assurer la traduction. Si ce n'est que les lecteurs, reconnaît-il, butent quelque peu sur "le breton haut de gamme".

Les candidats au mariage sont informés de la possibilité que la cérémonie soit bilingue : jusqu'à présent, seul un couple a demandé que ce soit le cas et a eu pour cela les honneurs de la presse. Les élus municipaux n'ont pas l'air de penser que ça puisse l'être à nouveau d'ici longtemps.

Un vrai regret : le refus de l'INSEE – à moins que ne soit celui du ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux - qu'à l'occasion du recensement de 2010 soient recensées les personnes parlant le breton dans la commune. Des démarches à un très haut niveau avaient pourtant été engagées en ce sens.

J'ai pu, pour ma part, échanger avec plaisir en breton (mais aussi en français, bien sûr) avec des Conquétois et d'autres personnes présentes ce matin à la mairie du Conquet, comme Fañch Jezequel, de l'agence de développement de l'OPLB, que je n'avais pas croisé depuis longtemps. Andreo ar Merser, ancien responsable d'Emgleo Breiz, bon nonagénaire et qui réside à mi-temps au Conquet, était présent. Le député de la circonscription, Jean-Luc Bleunven, lui-même bretonnant, s'était déplacé pour la circonstance.



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