Le blog "Langue bretonne"

23 juillet 2017

Le couac de l'inauguration du bronze Pierre-Jakez Helias

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La presse quotidienne régionale, tant Ouest-France que Le Télégramme, a salué à juste titre le bel hommage qui a été rendu samedi matin à Quimper, boulevard de Kerguelen, à la mémoire de Pierre-Jakez Hélias. On le doit d'abord au sculpteur Pierre Toulhoat, qui avait imaginé ce bronze dès 1999. On le doit aussi à la persévérance de son fils, Yves, et à tous ceux qui se sont mobilisés pour qu'il trouve enfin sa place en plein cœur de la ville de Quimper (voir message précédent).  

J'avais trouvé ahurissant que rien n’ait été dit en breton lors de cet hommage. Je l'ai dit au maire de Quimper, Ludovic Jolivet, et n'ai pas été le seul à le faire, puisque la chanteuse Andrea ar Gouilh l'a également interpellé à ce sujet. Mais ce n'est pas seulement la question du breton : on n'a pas entendu la moindre allusion à l'œuvre d'un écrivain majeur. On aurait pu au minimum citer Le cheval d'orgueil et faire état du succès de ce livre, citer aussi la version bretonne Marh al lorh… 

Le Télégramme a fait écho à ma protestation en la présentant comme "le coup de gueule de Fanch Broudic". L'écrivain Angèle Jacq s'est "indignée" à son tour sur le site du quotidien :

  • "Désolant, écrit-elle. La langue bretonne fut dramatiquement absente de cette cérémonie […]. La mairie de Kemper ne devrait tout de même pas oublier qu'elle se veut capitale de Kerne."

 Sur le site de son agence ABP (Agence Bretagne Presse), Philippe Argouach – qui cite Le Télégramme et paraît ignorer l'existence de ce blog - écrit pour sa part :

  • "Paradoxalement, aucun mot breton ne fut prononcé alors qu'Hélias fut un monument pour préserver et faire vivre cette langue."

Bon. Comme son visage est désormais figé en ce monument qui lui est dédié, on ne va pas instrumentaliser Hélias contre qui que soit – il n'aurait pas apprécié. Puisqu'Emgleo Breiz (dont je me suis occupé de longues années) a été l'éditeur historique de son œuvre en langue bretonne et qu'il a également publié dans les revues Brud et Brud Nevez, j'ai voulu rappeler combien il avait été un éminent bretonnant tout comme un auteur éminent. Le bronze de Pierre Toulhoat est conçu pour que nous en gardions la mémoire.


22 juillet 2017

Hélias a son monument, mais Quimper et le breton : la honte !

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Mise à jour : 22:40

La maquette conçue en 1999 par le sculpteur Pierre Toulhoat en mémoire de son ami Pierre-Jakez Hélias, décédé quatre ans plus tôt, a failli ne jamais être transformée. Pendant des années ni la ville de Quimper ni que ce soit, personne n'a validé le projet. Jusqu'à ce que Jakez Bernard, président d'une discrète association dénommée "Biskoaz kemend-all" [Incroyable], mais président également à ce moment du puissant lobby "Produit en Bretagne", prenne en charge le projet et réunisse les moyens et les conditions pour qu'enfin le bas-relief devienne une imposante plaque de bronze de cent kilos, de 1,20 m sur 0,80 et de 7 cm d'épaisseur. Pierre Hélias méritait bien ça.

La ténacité a payé, et l'initiative doit être saluée. L'inauguration de ce que la ville de Quimper a présenté comme une stèle s'est déroulée ce samedi matin à Quimper sous un ciel bien gris et une belle averse. Ce n'est pourtant pas exactement une stèle, puisque ce n'est pas un monument monolithe vertical. Le bronze a d'ailleurs été fixé au sol sur un granit en pente douce, au pied des remparts de Quimper, boulevard de Kerguélen.

L'ensemble a trouvé place au milieu d'un parterre de fleurs, dans le square qui porte déjà le nom de l'écrivain, à quelques pas du Musée départemental breton et non loin des flèches de la cathédrale de Quimper-Corentin. L'inauguration a été présidée par Ludovic Jolivet, maire de la ville, Jakez Bernard, et Yves Toulhoat, le fils du sculpteur. Les enfants de P.-J. Hélias, Claudette et Yves, étaient présents, ainsi de nombreux acteurs de la vie culturelle cornouaillaise et régionale.

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Mais on n'a pas entendu un mot de breton durant cette inauguration. On ne reprochera certes pas à ceux qui ne le savent pas de n'avoir rien dit en une langue qu'ils ne maîtrisent pas. Ce que je trouve malgré tout ahurissant, inimaginable, c'est que la ville de Quimper et la capitale de la Cornouaillent fassent aujourd'hui totalement l'impasse en l'occurence sur la langue bretonne, comme si elle n'existait déjà plus.

Personne n'a été invité à prendre la parole en breton, à évoquer la mémoire d'Hélias dans sa première langue, à lire un de ses poèmes, à parler en quelques mots de son œuvre. Ça s'était déjà déroulé selon le même schéma en début de semaine, lors de l'inauguration de l'esplanade Loeiz et Erwan Ropars.

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Hélias a été, certes, le rénovateur du Festival de Cornouaille et il l'a accompagné pendant des années. Mais comment donc peut-on ne pas même mentionner qu'il a aussi été écrivain, un auteur à succès, homme de théâtre, homme de radio et de télévision, en langue bretonne tout autant qu'en langue française, parfaitement bilingue ? L'oublier est une faute. La stèle imaginée par Pierre Toulhoat cite pourtant les titres de ses ouvrages dans les deux langues, non ? Douze ans après la disparition de l'un des plus populaires écrivains bretons du XXe siècle, Quimper ne sait déjà plus qu'il avait écrit : ar brezoneg eo ma bro. Le breton est ma patrie. Désolant.

J'ai eu l'opportunité de le dire directement à Ludovic Jolivet en sa mairie. La chanteuse Andrea ar Gouilh est également venue l'interpeller au même moment en lui expliquant qu'elle avait tout fait en breton à Quimper, chanter, danser, manifester, et qu'elle ne comprenait pas elle non plus que personne n'avait rien dit en breton lors de l'inauguration de la stèle à la mémoire de Pierre-Jakez Hélias. Le maire de Quimper nous a rétorqué que personne n'y avait pensé. C'est bien là le drame.

Grâce à la réalisation de Pierre Toulhoat, l'auteur du Cheval d'orgueil, de Marh al lorh, de Maner kuz [Manoir secret], de Kanadenn penn ar bed [La cantate du bout du monde] a du moins droit à une belle reconnaissance au cœur de la ville de Quimper : resterait peut-être à la valoriser par une forme de fléchage ou un petit panneau informatif, pour attirer le regard des passants qui, autrement, ne la verront pas. C'est en tout cas beaucoup mieux que la plaque apposée sur une grille de la nouvelle esplanade Loeiz et Erwan Ropars, près du théâtre Max Jacob (voir message du 17 juillet) :  elle fait vraiment "tristig", le logo de la ville de Quimper n'est même pas en couleur…

Un double du bronze de Pierre Toulhoat à la mémoire de Pierre-Jakez Hélias sera placé à l'automne sur un mur de l'école qui porte déjà son nom à Pouldreuzic.

Kemper ne oar ket mui tamm brezoneg ebed : eur vez !

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E Kemper eo bet diskuillet ar mintin-mañ an delwenn a oa bet kizellet e 1999 gand e gamarad Per Toulhoat e memor ar skrivagner Per-Jakez Helias. Dirag eun dibab a dud euz bed ar sevenadur, ez eus bet klevet prezegennou gand an Ao. Mêr, Ludovic Jolivet, gand prezidant ar gevredigez "Biskoaz kemend-all", Jakez Bernard, ha gand Yves Toulhoat, mab ar hizeller.

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Ne vo ket tamallet d'ar re ne bregont ket brezoneg beza chomet heb laret ger ebed e yez ar vro. Ar pez a gavan spontuz eo n'he-dijet ket bet soñjet kêr Gemper na kêrbenn bro-Gerne goulenn digand unan bennag lavared eur gomz bennag e brezoneg. Eur vez. Evel ma ne vije ket deuz ar brezoneg ken er vro-mañ. Den n'e-neus laret seurt nag e brezoneg nag e galleg kennebeud deuz ar yez kenta a zo bet hini Per Helias, na lennet na pa vefe eur varzoneg diwar e bluenn, na laret tra diwar-benn e leoriou.

Gwir eo e-neus labouret da renevezi Goueliou-meur Kerne. Med bet eo bet ive skrivagner, savet e-neus peziou-c'hoari hag abadennou radio ha tele, e brezoneg koulz hag e galleg, en eil yez hag en ebed : ger ebed diwar se ! Roll e leoriou brezoneg ha galleg a zo kizellet war an delwenn gand Per Toulhoat koulskoude. Daouzeg vloaz avad goude maro an hini pobleka deuz skrivagnerien Vreiz en XXved kantved, ne oar ket mui kêr Gemper e-noa skrivet ar barz ar homzou-mañ : ar brezoneg eo ma bro. Eun druez.

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19 juillet 2017

Le tilde sur le n de Fañch : nouveau rebondissement

Le n tildé au tribunal

L'affaire du petit Fañch, né le 11 mai dernier à Quimper, revient à la une dans l'actualité, et Ouest-France l'annonce à la une (du moins dans ses éditions finistériennes) et par deux articles : une synthèse en page Bretagne et un article plus développé en page Finistère.

Ce que nous apprend Christian Gouerou, c'est que ses parents ont été convoqués il y a déjà plus de quinze jours, le 5 juillet, au TGI (Tribunal de grande instance) de Quimper en vue d'une "demande de rectificatif d'un acte d'état civil, ou des jugements déclaratifs ou supplétifs de l'état civil." Le délibéré sera prononcé le 13 septembre.

L'avocate du ministère public s'est appuyée sur divers articles de loi. Les parents de Fañch ont expliqué qu'ils voulaient garder le tilde sur le ñ. Ils avaient anticipé d'éventuelles complications à venir en faisant aussitôt établir une carte d'identité et un passeport au nom de leur fils : s'ils les ont obtenus, c'est que le tilde sur le ñ n'a pas dû poser de problème dans les services concernés.

Que dit la loi ?

Or, il apparaît qu'il y en a un. Du point de vue de l'administration, à tout le moins, et elle s'appuie pour cela sur la circulaire du 23 juillet 2014 selon laquelle on ne peut, sur ce sujet, déroger à une précédente loi du 2 Thermidor an II (soit le 20 juillet 1794, en pleine période de la Terreur et quelques jours seulement avant la chute de Robespierre) ni à un arrêté du 24 Prairial an XI (soit le 13 juin 1803, sous le Consulat de Napoléon Bonaparte).

Il n'est pas superflu en la matière de se reporter aux textes. La loi du 2 Thermidor actait la mise en œuvre d'une Terreur qui devient linguistique aussi et stipule que tout fonctionnaire rédigeant un acte

  • "en idiomes ou langues autres que la française, sera traduit devant le tribunal de police correctionnelle de sa résidence, condamné à six mois d'emprisonnement et destitué."

L'arrêté du 24 Prairial concerne quant à lui tous les pays et départements et définit que là

  • "où l'usage de dresser lesdits actes [publics] dans la langue de ces pays se serait maintenu, [ils] devront tous être écrits en langue française", la traduction en "idiome du pays" pouvant cependant être écrite "à mi-marge de la minute française."

Je ne suis pas expert en la matière, mais aucun de ces deux textes ne prévoit explicitement l'annulation en droit des actes rédigés en une autre langue que le français, si ce n'est qu'on doit pouvoir toujours l'interpréter comme implicite. Dans la loi du 2 Thermidor an II, c'est le fonctionnaire (par exemple, un officier d'état civil ?) qui prend le risque d'être condamné à de la prison et destitué (ce qui peut être dissuasif). Dans l'arrêté du 24 Prairial an XI, n'est formulée qu'une obligation relative de rédiger tout acte public en français.

Que dit la circulaire ?

Par contre, la circulaire du 23 juillet 2014 relative à l'état civil est tout à fait explicite : elle réaffirme la liberté de choix du prénom de l'enfant par ses parents et stipule que

  • Tout autre signe diacritique attaché à une lettre ou ligature [autre que ceux de la langue française] ne peut être retenu pour l’établissement d’un acte de l’état civil.

Et le tilde sur le ñ n'en fait évidemment pas partie.

Dans mon message du 19 mai dernier, je m'étonnais d'une certaine prudence de la ville de Quimper dans le communiqué qu'elle avait diffusé pour expliquer son choix d'admettre le prénom Fañch avec un tilde sur le ñ à l'état civil, comme si elle ne considérait pas elle-même son positionnement comme parfaitement imparable en droit.

"La maudite circulaire"

Dans le numéro 629 du 30 juin dernier de l'hebdomadaire "Ya !", Tangi Louarn, par ailleurs président de "Kevre Breizh", expliquait les raisons pour lesquelles il n'y a, semble-t-il, aucune difficulté à attribuer un prénom tel que Goulc'han à un nouveau-né puisqu'il ne contient aucun signe diacritique qui ne soit pas reconnu par la circulaire du 23 juillet 2014 et cela même si la le "c'h" n'est pas considéré en tant que tel comme une lettre de l'alphabet français.

D'autres villes pourraient certes suivre la voie ouverte par Quimper en admettant elles aussi le ñ. Mais, ajoutait Tangi Louarn en forme de mise en garde, "quand vous voudrez obtenir un document, une carte d'identité ou un passeport, il n'est pas certain que le n soit maintenu avec son tilde,  tant que cette maudite circulaire ne sera pas abolie."

En déclarant à Ouest-France qu'ils ne veulent en aucun cas changer le prénom de leur enfant, les parents du petit Fañch Bernard manifestent leur volonté de ne pas céder. Le tribunal de grande instance de Quimper fera-t-il preuve de compréhension ou voudra-t-il appliquer la circulaire à la lettre ? Quel qu'il soit, le jugement du 13 septembre prochain pourrait faire jurisprudence, mais il pourra aussi être contesté par l'une ou l'autre des parties.

Sur le même sujet, lire aussi : Le tilde sur le n de Fañch. Retour sur un psychodrame national.

17 juillet 2017

Quimper rend hommage à la dynastie des Roparz

Loeiz hag Erwan Roparz-1   Loeiz hag Erwan Roparz-6

C'est une belle aventure humaine que la ville de Quimper a choisi de célébrer cet après-midi, à la veille de l'ouverture du 90e Festival de Cornouaille, en découvrant une plaque au nom de Loeiz Roparz (1921-2007), dix ans après sa disparition, et de l'un de ses fils, Erwan (1950-2015), dont l'esplanade toute proche du Théâtre Max Jacob portera désormais le nom.

Toute la famille Roparz et nombre de leurs amis étaient présents : on citera la chanteuse Andrea ar Gouilh, les anciens et actuels sonneurs du bagad Kemper, Jean-Michel Le Viol (président du Festival), les dirigeants de l'usine Hénaff de Pouldreuzic, Bernez Rouz (président du Conseil culturel de Bretagne)…

Loeiz hag Erwan Roparz-3  Loeiz hag Erwan Roparz-4

Et ce sont Telo et Per-Yann, les plus jeunes de la fratrie, qui ont découvert la plaque, sous un soleil généreux et sous les applaudissements de plusieurs dizaines de personnes.

Loeiz hag Erwan Roparz-2  Loeiz hag Erwan Roparz-5

Au cours de son allocution, le maire de Quimper a parlé de filiation, de passion et de transmission. Loeiz Roparz est assurément connu comme le rénovateur du fest-noz dans les années 1950 : Ludovic Jolivet l'a présenté comme "un passeur de mémoire comme il y en a peu". Et son fils Erwan, qui fut penn-soner du bagad Kemper pendant un quart de siècle comme "un inconditionnel de la culture bretonne, vivante, joyeuse, ambitieuse, jamais figée." Tous deux, a-t-il ajouté, ont été "des passeurs de talents".

On peut regretter qu'allusion n'ait pas été faite à Loeiz Roparz en tant que bretonnant (et Erwan l'était aussi) : c'est par l'entremise du breton que s'est faite la relance du fest-noz. Il s'est aussi impliqué pour l'enseignement du breton à une époque où cela n'était pas si facile. Son rôle dans la création d'un nouveau répertoire de kan-ha-diskan doit aussi être souligné.

Jefig Roparz, le frère d'Erwan, a tenu opportunément à dire quelques mots en breton, puis en français, à la mémoire de son père, pour annoncer un projet de publication d'un livret avec double CD d'enregistrements peu connus de son père. Avis aux éditeurs motivés. Il a clos cette séquence émotion en réinterprétant "eur galv", un appel à la danse, tel que l'avait chanté son père en 1948. Les chanteurs Christophe Kergourlay et Jean Billon l'ont accompagné dans ce kan-ha-diskan pas tout à fait improvisé.

03 juillet 2017

Peuples déplacés : J.M.G. Le Clézio défend leur droit au retour

Le Clézio JMG

Le peuple dont le Prix Nobel de littérature 2008 a pris la défense dans Le Monde daté de dimanche et de ce lundi est celui des îles Chagos, situées entre l'Afrique et l'Indonésie, au milieu de l'océan Indien. Les Chagossiens ont dû quitter l'archipel sur lequel ils vivaient depuis plusieurs siècles, suite à la décision du Royaume-Uni en 1965 d'autoriser les États-Unis à s'installer sur l'atoll de Diego Garcia : quand on dit "s'installer", il s'agissait en réalité d'y implanter une base militaire. C'est ce qu'explique le journaliste Nicolas Truong en présentant J.M.G. Le Clézio comme "un écrivain aux côtés des damnés de la terre".

Le malheur d'un peuple pacifique

L'écrivain franco-mauricien et d'ascendance bretonne avait découvert en 1980 "la misère sociale et la douleur morale" des habitants des Chagos, forcés de quitter leurs îles et qui avaient alors été déportés vers Maurice et les Seychelles. Il plaide leur cas auprès de Barack Obama, sans succès, et s'indigne d'un jugement de la Cour européenne des droits de l'homme considérant comme irrecevable une plainte des Chagossiens.

Ce que nous apprend Le Monde, c'est que l'assemblée générale des Nations unies vient d'adopter le 22 juin dernier une résolution présentée par Maurice avec le soutien de l'Union africaine : elle se prononce en faveur des droits et de l'identité du peuple chagossien.

  • Si ce n'est que les Américains et les Britanniques s'y sont opposés, ce qui ne facilitera pas sa mise en œuvre.
  • Si ce n'est aussi que la France s'est abstenue, ce que Jean-Marie Gustave Le Clézio considère "incompréhensible et scandaleu[x]".

Dans son article du Monde, l'écrivain pense à "tous les peuples frères déracinés, tous déterminés, tous en attente de justice". Il qualifie la résolution des Nations unies de "fragile espoir pour cette population malmenée par la nation militariste la plus puissante du monde". Et pose une simple question : "la nouvelle administration Trump sera-t-elle plus sensible que la précédente au malheur d'un peuple pacifique qui ne demande qu'à retourner vivre dans sa terre natale ?" C'est bien dit, et c'est une autorité qui l'écrit.

Pour en savoir plus

  • Nicolas Truong. Un écrivain aux côtés des damnés de la terre. Le Monde, 2 et 3 juillet 2017, p. 26.
  • J.M.G. Le Clézio. Le retour au pays des peuples déplacés est un droit fondamental. Le Monde, 2 et 3 juillet 2017, p. 26-27.
  • Émile Kerjean et Paolig Combot. Jean-Marie Le Clézio et la Bretagne. Morlaix, Skol Vreizh, n° 69, 2014, 84 p., ill. Dans ce livre, J.M.G Le Clézio explique comment il est issu d'une famille bretonne du Morbihan et ce qui l'identifie à la Bretagne. Émile Kerjean décrypte en une cinquantaine de pages les chemins parcourus par l'écrivain, sa biographie et sa bibliographie.