Le blog "Langue bretonne"

30 mars 2017

Veillée bretonne dans le lieu le plus actuel de Brest

Teatr Sked 4  Affiche 2017-03-30-1

Vous ne devinez pas lequel ? Ça se passera à la médiathèque flambant neuve des Capucins. Seront présents : des conteurs, des chanteurs, des musiciens, des comédiens. Et tout ce beau monde ne s'exprimera qu'en breton ! Voici le casting :

  • Per Ar Go
  • Mikael Konk
  • Herve Lossec
  • Alfons Raguenes
  • Marc Paugam
  • C’hoariva Sked
  • Kan Awen
  • Lukas Guillou
  • Frank Bodenes
  • Ifig/Kleman/Pol
  • Le Rest/Bertholom.

Je sais, je suis un peu juste pour annoncer l'évènement, mais l'info vient juste de m'être transmise. Car ça se passera demain soir, vendredi 31 mars, à compter de 20 heures et jusqu'à 23 heures.

Avis aux bretonnants et à ceux qui ne le sont pas encore.

Vérifiez si le téléphérique fonctionnera encore pour le retour.

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29 mars 2017

Conférence sur la langue bretonne à l'UTL du Sud-Goëlo

Vidaman Jean-Pierre UTL-1  Salle le Korrigan-1

Je me suis rendu hier à Étables-sur-Mer à l'invitation de Jean-Pierre Vidaman, pour une conférence devant les membres de l'UTL du Sud-Goëlo. C'est l'une des plus petites de Bretagne, mais elle est très active, puisqu'elle propose une conférence tous les quinze jours de septembre à mai, en dehors des vacances scolaires – ça va de soi. Je leur ai parlé de l'interdiction du breton à l'école et plus spécialement de l'usage du symbole ou de la vache en vigueur pendant près d'un siècle et demi pour inciter les élèves à s'exprimer en français et non pas en breton pendant les récréations (voir message du 23 mars).

Une bonne centaine de personnes s'étaient déplacées, y compris un ancien enseignant de Diwan, venu en voisin de Saint-Brieuc. Une douzaine environ a répondu qu'elles savent le breton, et trois qu'elles avaient elles-mêmes ou un proche connu le symbole à l'école.

Lors de la discussion, des remarques ont été formulées sur les raisons pour lesquelles les familles ont fait le choix, au milieu du XXe siècle, d'élever leurs enfants en français et non plus en breton : est-ce seulement à cause du symbole ? Ou la langue n'a-t-elle pas fait l'objet d'un rejet de la part de la population bretonne du fait de la collaboration active des mouvements bretons avec l'Occupant lors la dernière guerre ? Cela fait plusieurs fois qu'on me pose cette question depuis quelque temps.

Une autre portait sur la reconnaissance des langues régionales par la France : il est désormais quasiment certain qu'elle ne signera jamais la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Ont également été évoquées, par quelqu'un y ayant vécu, la situation du mahorais à Mayotte et celle du créole à La Réunion ou en Guyane.

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27 mars 2017

Priziou 2017 : les lauréats

Loreidi-1

Voici, dans l'ordre de leur proclamation, les lauréats des Prix de l'avenir du breton, tels qu'ils ont été annoncés à Lannion vendredi dernier. Dans chaque catégorie, le lauréat a reçu de France 3 Bretagne un trophée imaginé par le graphiste designer Owen Poho, ainsi qu'un chèque de 1 500 € de la part de l'Office public de la langue bretonne, coorganisateur des Priziou. Les autres nominés se voient remettre un prix de 500 € chacun.

Youenn Kamm-1  Solange Creignou-1  Yann Bijer-1

Disque chanté en breton

  1. Youn Kamm et Bagad du Bout du Monde
  2. Valgori, de Brieg Guerveno
  3. Exil, de Maria Desbordes

Youn Kamm, se disant plus à l'aise à la trompette qu'à la télé, avait pris soin de noter par écrit la liste de tous ceux qu'il tenait à remercier pour ce prix, car elle était très longue en effet. Surtout, n'oublier personne !

Collectivité

  1. Le Conseil départemental du Finistère pour son schéma 2016-2021 de promotion de la langue bretonne
  2. La ville d’Hennebont pour son plan de développement de la langue et de la culture bretonnes
  3. L'hôpital de Carhaix pour la signalétique bilingue et le développement du breton dans le secteur santé.

C'est la deuxième fois que le Finistère est distingué à l'occasion des Priziou. La première fois, ce fut en 2007, à Daoulas, pour avoir mis en place le dispositif "Quêteurs de mémoire". Cette année, c'est parce qu'il est le premier département breton à se doter d'un schéma linguistique. Solange Creignou, la vice-présidente en charge du dossier, a réceptionné son prix des mains de Claude Le Bihan, le maire de Lannion, qui n'est certes pas bretonnant, mais était tout heureux d'héberger les Priziou dans sa ville.

Livre de fiction

  1. Bar Abba de Yann Bijer
  2. Keridwal de Herve Seubil gKernaudour
  3. Rebetiko hag istorioù all, de Kristian Braz

Yann Bijer est un habitué des Priziou, puisque c'est la troisième fois qu'il est primé. Il l'avait déjà été en 2002 pour un roman policier, Teñzor dindan vor ar Priñs Frederik [Le trésor sous-marin du Prince Frédéric], paru chez Emgleo Breiz. Puis en 2012, pour "Torrebenn". Entre-temps, il avait rejoint les éditions Al Liamm, qui raflent la mise, puisqu'elles ont publié les trois ouvrages qu'a distingués le jury.

Son dernier roman, dit-il, est l'histoire d'un horrible mécréant meurtrier. Mais aussi une histoire d'amour. Ce qui l'a amené à clore ses remerciements par un tonique "Vive la langue bretonne, vive l'amour, vive la Bretagne !"

Hervé Pasquet-1  Le Kêr-1

Entreprise

  1. Le Kêr (parc ludo-éducatif de Vannes)
  2. Ar Bradenn-Aquatiris, phyto-épuration (communication bilingue)
  3. Korrimel (messagerie électronique en breton)

Hervé Paquet est un battant. Son grand-père parlait le breton et lui ne le fait pas. Mais 50 % de ses collaborateurs le font (dont l'une présente sur scène). Il est convaincu que cette langue n'est pas un handicap et qu'elle peut être associée aux nouvelles technologies. La connaissance de l'histoire est également un atout, à ses yeux. Il répète à l'envie que son projet de "Kêr" à Vannes est un véritable challenge, à plus de trois millions d'euros tout de même. Les banques hésitaient beaucoup à lui prêter : il a lancé son projet malgré leurs réticences.

Dès le début du chantier, il a imposé aux entreprises de mettre en place des panneaux bilingues. Après avoir été primé à Los Angeles et à Séoul, il l'est donc aussi à Lannion, et c'est dans le cadre des Priziou. Pas étonnant que des Chinois s'intéressent à son aventure.

Yann Rivallain et Samuel Julien-1   Bleuenn Le Borgne-1

Association

  1. Dizale (doublage de vidéos)
  2. Brezhoneg e Brest (promotion du breton à Brest)
  3. Amicale des pompiers de Rennes (calendrier bilingue).

Dans cette catégorie aussi, le palmarès était prévisible. Depuis la création de TV Breizh il y a une quinzaine d'années, "Dizale" (dont Yann Rivallain est le président et Samuel Julien le directeur) s'est fait une spécialité du doublage de films en langue bretonne. L'association – car la structure fonctionne toujours sur le monde associatif -  propose depuis l'an dernier un service de vidéos à la demande, qui en font une sorte de Netflix breton.

Création audiovisuelle

  1. A-vihanig, un documentaire de 26' sur l'apprentissage du breton par les tout petits, réalisation Bleuenn Le Borgne
  2. Pa ya kuit Solenn, un docu-fiction de 26' d'Anne Gouerou sur le vécu parfois terrible de femmes.
  3. C’hwi a gano, série de 5 épisodes de 10', réalisation Perynn Bleunven et Justine Morvan.

C'est bien de distinguer des premiers films, et les choix d'un jury sont souverains et souvent imprévisibles. Celui des Priziou 2017 a forcément trouvé des qualités aux trois films qu'il a primés cette année. Il est néanmoins curieux que "Un nozvezh e Breizh/Une nuit en Bretagne", le 52' de Sébastien Le Guillou, n'ait été ni nominé ni primé. Il s'agit pourtant de l'une des productions les plus conséquentes de l'année 2016, initiée par BCD (Bretagne Culture Diversité) et co-produite par France 3, les télés locales et Pois Chiche films.

En matière de création audiovisuelle, c'est une réalisation d'une autre envergure et d'une écriture singulièrement plus aboutie : il n'y a qu'à se reporter à la recension qu'en fait Christian Campion dans le numéro d'Armen qui vient de sortir. Sauf que ce film de Sébastien Le Guillou est pour une part en français, et c'était apparemment rédhibitoire. Il se dit que c'est pour cette raison que le jury l'a écarté. Il aurait pu retenir qu'il est aussi en breton pour une grande part et qu'il a été multidiffusé à différents horaires sur plusieurs chaînes.

Brittophone de l’année (voir message précédent)

  1. Yann Tiersen et Émilie Quinquis, musiciens
  2. Laëtitia Anger, créatrice d’Archi Kurieux
  3. Fanny Labbay, organisatrice de séances d’initiation au breton.

Tous les lauréats ont été invités à monter sur la scène du Carré magique et ont dansé une gavotte au rythme du groupe Turbo sans visa.

Les membres du jury

  • Annaig Kervella, retraitée de l'audiovisuel
  • Gael Roblin, animateur culturel
  • Morgan Le Coz, institutrice bilingue
  • Brendan-Guillouzic-Gouret, bibliothécaire
  • Maïna Sicard-Cras, journaliste
  • Guillaume Morin, Office public de la langue bretonne
  • Denez Pichon, chef d'entreprise.

À suivre : quelques derniers échos des Priziou 2017. 

Priziou 2017 : Yann Tiersen et Émilie Quinquis, brittophones de l'année

Goulwena Yann-Herle-1    An dud er zal-1

Comme la toute première cérémonie des Priziou il y a vingt ans, la vingtième édition s'est déroulée salle du Carré magique à Lannion devant une assistance fournie de bretonnnants et d'acteurs de la vie sociale et culturelle de langue bretonne.

Comme depuis plusieurs années déjà, le duo Goulwena an Henaff et Yann-Herle Gourves a assuré avec prestance la présentation de la soirée, vendredi dernier : les téléspectateurs ont pu s'en rendre compte lors des diffusions sur l'antenne de France 3 Bretagne samedi en fin de matinée et ce lundi matin. Et si ce n'est pas encore le cas, ils peuvent toujours le faire en replay.

Quinquis Emilie   Priziou 2017-1

Une consécration attendue

Le plus prestigieux des prix décernés à l'occasion des Priziou 2017 était comme d'habitude celui du brittophone de l'année. Et l'appellation, cette année, est particulièrement appropriée puisque ce sont deux nouveaux locuteurs ayant appris tout récemment le breton qui ont été distingués. Au vu de la liste des nominés, ce choix ne faisait aucun doute. Ce sont en effet deux célèbres musiciens qui ont été primés : Yann Tiersen et Émilie Quinquis, sa femme. Étant donné leur notoriété, personne n'aurait compris qu'ils ne le fussent pas.

Dans la vidéo projetée pour présenter les nominés, ils expliquaient qu'à leurs yeux, les langues sont liées à un environnement et qu'elles permettent de comprendre une terre et toutes les autres. Émilie avait jusqu'à présent l'impression de ne pas avoir bien pu installer un lien adéquat entre sa musique et la langue française : la langue bretonne, dit-elle, lui a permis de trouver sa voie. Tous deux ajoutaient qu'ils vont s'atteler désormais à exprimer leur art en cette langue, et que leur objectif est de fonder une famille en breton.

Une naissance symbolique

C'est apparemment en bonne voie, puisqu'étant étant en attente de "la naissance d'un nouveau brittophone", les deux musiciens n'ont pas pu se déplacer d’Ouessant à Lannion pour recevoir leur prix. On comprend. C'est une amie, Amélie, qui avait suivi en même temps qu'eux à Brest le stage d'apprentissage du breton en six mois de Stumdi, qui s'est exprimée en leur nom.

Leur message est très clair : Yann Tiersen et Émile Quinquis rejettent "les idioties" que véhicule la clause Molière [qui stipule que les travailleurs étrangers, dans certaines régions, ne peuvent être recrutés que sous condition de pouvoir s'exprimer en français] tout comme le refus que préconisent certains qu'on enseigne les langues d'origine à l'école. On vit dans un pays ouvert, affirment-ils, et "il est grand temps d'apprendre le breton : ne laissez personne détruire nos racines". La salle a chaleureusement applaudi.

Kervella Annaig Efflam Louis-1

Sept prix, et un de plus

Le jury des Priziou était présidé cette année par Annaig Kervella, retraitée de l'audiovisuel après avoir collaboré pendant vingt-cinq ans et quelques aux programmes en breton de France 3. Sept prix devaient être attribués, mais le jury a décidé d'en attribuer un de plus, sous la forme d'un "coup de cœur".

Et ce sont, comme il y a vingt ans, les lycéens de Diwan qui l'ont obtenu. Ils avaient été désignés comme bretonnants de l'année en 1997 parce que c'est la première fois que des lycéens avaient été reçus au baccalauréat après avoir ayant suivi toute leur scolarité au sein de la filière Diwan. S'ils ont eu droit à un prix spécial en cette année 2017, c'est en raison de l'action qu'ils ont engagée sous forme de pétition pour pouvoir passer les épreuves du baccalauréat dans la langue de leurs études, c'est-à-dire en breton, et non en français comme c'est le cas jusqu'à présent. C'est Efflam Louis qui a réceptionné au nom de ses camarades le trophée conçu et réalisé par le graphiste-designer Owen Poho. 

 À suivre : les autres lauréats

24 mars 2017

À venir : une soutenance de thèse sur les dictionnaires bretons à Paris 5 Descartes

Grégoire de Rostrenen

Cette soutenance s'annonce d'autant plus intéressante, voire passionnante, qu'aucune autre thèse ne me paraît avoir été consacrée à se sujet depuis, sous réserve d'inventaire, celle de Gwenole Le Menn en 1981 et qui se présentait comme une simple "Contribution à l'étude de l'histoire des dictionnaires bretons", en un millier de pages tout de même.

L'approche de Malo Morvan est bien différente, et devrait contribuer à renouveller l'approche que nous avons de nos dictionnaires, comme en témoigne l'intitulé de sa thèse :

  • Définir la "langue bretonne". Discours concurrentiels d'origination et d'identification dans les paratextes des dictionnaires bretons

Résumé de sa thèse par l'auteur

Si l'on connaît les dictionnaires comme lieu des définitions, ils en fournissent une que l'on ne perçoit pas toujours : celle de la langue elle-même. Au sein de l'hétérogène et du mouvant des usages linguistiques quotidiens, ceux-ci en circonscrivent et délimitent un certain nombre, qui se verront alors consacrés, dotés d'une certaine officialité. Les critères de sélection par lesquels les éléments lexicaux sont retenus ou écartés dépendent, entre autres contraintes, des convictions de leurs auteurs concernant les usages linguistiques qu'ils considèrent comme plus représentatifs de la langue que d'autres. Souvent conscients tant du pouvoir social de tels ouvrages que de la sélection qu'ils impliquent, leurs auteurs s'en justifient parfois dans des paratextes introductifs où sont alors explicitées leurs convictions linguistiques

Les discours que l'on y trouve peuvent se fonder sur des définitions, associations d'idées, et valorisations que les auteurs peuvent tenir pour acquis, ou au contraire détourner, subvertir, contester ; quoiqu'il en soit, ils tentent souvent de fonder performativement une définition de la langue que la liste lexicale mettra ensuite en pratique. Dans certains contextes de conflictualité politique où la définition de la langue ne va pas de soi, les préfaces de dictionnaires peuvent alors devenir de véritables arènes où s'affronteront des définitions concurrentes de la langue que chacun tentera de faire reconnaître.

En travaillant sur un corpus constitué des paratextes de dictionnaires bretons publiés de 1499 à 2015, nous analysons l'évolution des discours sur la langue en fonction des situations historiques, sociales, et politiques, où se trouvent les auteurs. Nous mettons l'accent en particulier sur différents processus discursifs, notamment ceux d'identification et de différenciation, par lesquels les auteurs délimitent les frontières entre les pairs et les autres, ainsi que ceux d'origination, par lesquels ils ancrent leur situation actuelle au sein de continuités et ruptures diachroniques perpétuellement redessinées.

Nous abordons ainsi en particulier la manière dont la définition des "Celtes" a évolué en fonction des différents contextes discursifs : désignant d'abord, dans le discours celtomane, une langue mère de toutes les autres dont la bretonne était la seule forme restée pure, l'usage du terme s'orientera progressivement vers une fonction distinctive envers leurs voisins français, ceci en accord avec l'émergence d'un cadre de pensée nationaliste. C'est à la même période, vers le XIXe siècle, qu'apparaîtra l'interceltisme, comme thèse d'un cousinage ethnique entre les populations de certains territoires en petite et Grande-Bretagne. Nous étudions la manière dont ce discours, né de nécessités de différenciation politique, se transfère dans les catégorisations savantes, véhiculant en même temps son lot de concepts et méthodes implicites concernant la définition de la langue.

Par ailleurs, les changements sociaux survenant au XXe siècle en Bretagne auront également pour conséquence un progressif clivage entre différents profils de locuteurs : à ceux pratiquant la langue dans un contexte surtout oral, pratique, et quotidien, dont le nombre diminue, se substituent progressivement des locuteurs l'apprenant dans une démarche volontariste et militante, à partir d'un rapport scriptural-scolaire à la langue. Cette cohabitation de locuteurs ayant appris et pratiquant le breton dans des situations différentes mettra en concurrence les définitions de la langue. Alors que les différents courants auront en commun une volonté de distinction envers le français héritée du discours différentialiste ayant émergé au XIXe siècle, chacun investira la nécessité de s'en distinguer dans différentes dimensions de la langue, cohérentes par rapport aux différents modes de socialisation linguistique. Les valeurs tant de l'"authenticité" que de la "modernité" seront alors mobilisées dans ces débats concurrentiels pour tenter de légitimer les pratiques des uns contre celles des autres.

Le jury

Malo Morvan soutiendra sa thèse mardi 28 mars prochain, à 15 heures, à l'Université Paris 5 Descartes, 45 rue des Saints-Pères, bâtiment principal, 2è étage, salle de conférence R 229, devant un jury composé de

  • Cécile Canut (co-directrice, Paris 5 Descartes),
  • Yves Déloye (co-directeur, Sciences Po Bordeaux),
  • Jean-Michel Éloy (rapporteur, Amiens Université de Picardie Jules Vernes),
  • Ronan Calvez (rapporteur, Brest UBO),
  • Alexandra Jaffe (California State University)

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23 mars 2017

La 20e édition des Priziou, ce sera à Lannion

Priziou 2017

Retour aux sources, en quelque sorte, pour les Priziou – aujourd'hui Prix de l'avenir du breton – puisqu'ils vont être attribués demain soir à Lannion, salle du Carré magique, là même où ils avaient été remis pour la première fois en décembre 1997. Ils s'appelaient à l'époque "Priziou Du-mañ Du-se", du nom du magazine que diffusait alors France 3 Bretagne.

Les lauréats, cette année-là, s'appelaient TES, Francis Favereau, Yann-Fañch Jacq, Per Salaün, Sylvain Kernoa, Youenn Gwernig, Annie Ebrel et Gurvan Musset. Les premiers lycéens à avoir obtenu le baccalauréat après avoir effectué toute leur scolarité à Diwan avaient été désignés comme bretonnants de l'année.

J'avais pris l'initiative des Priziou, avec mon équipe, sur la base de quelques constats tout simples. Certes, différents médias et d'autres structures décernaient déjà des prix, tels que celui du "Breton de l'année" (et cela se fait toujours). Mais la composante "langue bretonne" n'était quasiment jamais prise en compte. Il existait par ailleurs un ou deux prix littéraires pour des œuvres en breton, ce qui veut dire que bien d'autres réalisations n'étaient pas concernées. Personne ne s'intéressait spécifiquement à la chanson, au film ou au théâtre en breton, par exemple.

Loreidi Priziou 2005

Les 150 lauréats des Priziou sur Wikipedia

Les lauréats des Priziou 2005, à bord du Bretagne (ferry de la Brittany Ferries), à Saint-Malo, après la remise des prix (DR).

J'étais convaincu, par ailleurs, que la télévision était et reste le média le plus à même de donner un coup de projecteur sur ce qui s'est fait de mieux en langue bretonne dans le cours d'une année. Qui mieux que la télévision peut le faire ? Qui mieux qu'un média lui-même impliqué dans la diffusion de la langue bretonne ? Et pourquoi donc n'y aurait-il pas des prix pour la langue bretonne, comme il y a des César, des Molière, des Oscars et que sais-je ? Tous les autres médias régionaux (presse écrite, radios, internet…) y font écho par la suite. C'est un focus unique sur la vitalité de la création en langue bretonne.

Les Priziou font parfois des déçus, c'est dans la nature des choses. Ils ont parfois été critiqués. Un hebdomadaire se voulant plus breton que quiconque, Breizh Info, sous la signature d'un certain R.D., avait dès la première année, cherché la polémique sur le mode du ressentiment, voire de l'agressivité, et contesté l'intérêt des Priziou. Or, dès cette première année, le jury avait sélectionné une trentaine de nominés et distingué neuf lauréats, attirant l'attention sur autant de réalisations et sur autant de créateurs de langue bretonne, dont on avait pu découvrir ainsi toute la diversité. Or, les Priziou ont perduré, et ce n'est pas sans raison. Il suffit de se rendre sur Wikipedia pour voir la liste des quelque 150 lauréats qui ont été primés depuis 1997. Ce n'est pas rien, tout de même.

Le cru 2017

Les Priziou ne sont plus tout à fait ce qu'ils étaient au début, c'est assez logique. France 3 Bretagne n'est plus seule à en avoir la maîtrise. L'Office public de la langue bretonne qui attribuait ses propres prix auparavant dans la plus grande discrétion, s'est associé à la télévision régionale. La tonalité des Priziou s'en est trouvée sensiblement modifiée. Mais les Priziou sont toujours là.

La liste des nominés 2017 comprend 21 noms dans les sept catégories suivantes :

Association :

  • Brezhoneg e Brest (promotion du breton à Brest)
  • Dizale (doublage de vidéos)
  • Amicale des pompiers de Rennes (calendrier bilingue)

Livre de fiction :

  • Rebetiko hag istorioù all, de Kristian Braz
  • Bar Abba de Yann Bijer
  • Keridwal de Herve Seubil gKernaudour

Collectivité :

  • Le Conseil départemental du Finistère pour son schéma 2016-2021 de promotion de la langue bretonne
  • La ville d’Hennebont pour son plan de développement de la langue et de la culture bretonnes
  • L'hôpital de Carhaix pour la signalétique bilingue et le développement du breton dans le secteur santé

Création audiovisuelle :

  • Pa ya kuit Solenn, réalisation Anne Gouerou
  • A-vihanig, réalisation Bleuenn Le Borgne
  • C’hwi a gano, réalisation Perynn Bleunven

Entreprise :

  • Ar Bradenn-Aquatiris, phyto-épuration (communication bilingue)
  • Le Kêr (parc ludo-éducatif de Vannes)
  • Korrimel (messagerie électronique en breton)

Disque chanté :

  • Youn Kamm et Bagad du Bout du Monde
  • Exil, de Maria Desbordes
  • Valgori, de Brieg Guerveno

Brittophone de l’année :

  • Laëtitia Anger, créatrice d’Archi Kurieux
  • Yann Tiersen et Émilie Quinquis, musiciens
  • Fanny Labbay, organisatrice de séances d’initiation au breton

Double diffusion de la cérémonie des Priziou en VO sous-titrée en français :

  • Dès samedi 26 mars, à 10h56 sur France 3 Bretagne
  • Lundi 27 mars à 8h50 sur France 3 Bretagne et sur France 3 en Loire-Atlantique.

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