Le blog "Langue bretonne"

26 mars 2015

Offre d’emploi : urgent

La société de production JPL Films, qui produit notamment l’émission jeunesse en langue bretonne "Mouchig-dall" pour France 3 Bretagne, recherche un(e) secrétaire/standardiste.

Le poste requiert le sens de l'organisation et de l'initiative et la connaissance du breton, ainsi que, si possible, celle du milieu de l'audiovisuel. Expérience souhaitée en matière de suivi de projets. Nécessité de disposer d'un véhicule.

Poste à pourvoir à Rennes, dès recrutement et jusqu'en octobre 2015.

Contact : mael(arobase)jplfilms(point)com

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24 mars 2015

Une vision étriquée ? C’est celui qui le dit qui l’a

Rozmor par Lannuzel Tgr 2015 03 15

La seule réaction publiée dans l’espace lecteurs du Télégramme, le 15 mars dernier, à l’annonce du décès de la poétesse Naig Rozmor, est celle d’un certain François Lannuzel. Est-ce un pseudo ? Peut-être pas : il y a une dizaine de personnes portant ce patronyme dans le Finistère et un ou deux autres en Bretagne.

Toujours est-il que François Lannuzel poste volontiers sur le site du Télégramme (et sans doute ailleurs, je n’ai pas pris le temps de vérifier) des commentaires sur tout et sur rien. On le reconnaît facilement à son avatar : la bonne bouille grassouillette d’un dictateur nord-coréen, dont on ne sait s’il l’a adoptée par adhésion ou par dérision.

Qu’écrit donc François Lannuzel à propos de Naig Rozmor ? Eu égard à la vérité et à la qualité esthétique qu'elle a visé à exprimer tout au long de son œuvre, il énonce, ma foi, un précepte qui la caractérise parfaitement : "l'art, le vrai, largue les amarres et part au large, là où personne n'est encore allé."

Par les thématiques dont elle a osé traiter dans sa poésie comme dans son théâtre, par le style tantôt acerbe, tantôt paisible qu'elle s'est forgé, par le travail d'écriture auquel elle s'est astreinte, par sa bonne humeur et son rire aussi corrosif que contagieux, Naig Rozmor a effectivement su franchir les frontières, défier les institutions et les croyances établies, et contester bien des idées reçues, au risque de déplaire – et ça lui est arrivé. Mais c'est aussi cela qui lui a fait trouver un public. Ses lecteurs l'ont lue, ses spectateurs et ses auditeurs l'ont entendue, nombreux sont ceux qui ont adhéré à son propos. Assez rares sont les auteurs de théâtre dont les pièces donnent lieu à une cinquantaine de représentations, comme ce fut le cas de sa pièce "Ar mestr".

Larguer les amarres ?

Naig Rozmor a choisi de s'exprimer préférentiellement en breton ? François Lannuzel est assez astucieux pour ne pas l'accabler directement de ce reproche, mais on le sent bien en filigrane de son propos. Le biais qu'il a dès lors retenu pour tenter de la disqualifier est celui du localisme. Mais le simple fait d'écrire, même dans une langue de grande diffusion, ne vaut pas reconnaissance universelle. Écrire a fortiori dans une langue de moindre diffusion n'est pas automatiquement signe d'inanité.

François Lannuzel, dans sa magnanimité, voudrait accabler Naig Rozmor de petitesse : les prix littéraires qui lui ont été attribués ne seraient que "de petites récompenses locales très spécialisées" ? Peu d'auteurs, c'est vrai, obtiennent le prix Nobel de littérature, le Goncourt, le Pulitzer ou le Georg-Büchner-Preis, le grand prix des lecteurs du Télégramme… Je crois même qu'il n'y a qu'un seul lauréat chaque année pour chaque prix. Et le commentateur persévère, usant et abusant à l'égard de l'écrivaine de termes intentionnellement dépréciatifs :

  • "la petite région où elle a intégralement passé sa vie" : c'est faux
  • "l'éloge sans fin de son quartier" : c'est encore faux
  • "rester éternellement jouer autour de sa maison" : c'est tout à fait inexact
  • la seule "reconnaissance du voisinage" : c'est de la mauvaise foi.

De toute évidence, François Lannuzel n'a que des préjugés. Les idées reçues, il connaît. Il paraît tout ignorer de la vie de Naig Rozmor, n'avoir rien lu de ses écrits, n'avoir assisté à aucune représentation de son théâtre. Il ne se doute même pas que l'on peut écrire de très belles choses en breton. Certes, tout ce qui s'écrit en breton n'est pas chef-d'œuvre, en français non plus d'ailleurs. Peut-être le talent imposerait-il de n'écrire qu'en coréen ? En l'occurrence, c'est lui qui atteste d'un champ de vision étriqué et limité. Vouloir larguer les amarres quand on ne sait pas naviguer sans carte ni boussole est toujours un peu risqué.

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23 mars 2015

La disparition de l'écrivaine Naig Rozmor

Quelque 200 personnes ont assisté, mardi 17 mars, aux obsèques de l’écrivaine Naig Rozmor à Saint-Pol-de-Léon.

  • Je reproduis ci-dessous le texte que j’ai diffusé à l’occasion de son décès en compagnie de Marie Kermarec.
  • Ti ar Vro Leon bouscule le programme de ses causeries et donne rendez-vous demain, mardi 24 mars, pour une discussion en hommage à Naïg Rozmor. Tous les amis qui l'ont côtoyée sont invités à partager ce moment. Cela se passera à partir de 20 heures, au pub Chez Tom à Lesneven.
  • L’hebdomadaire Ya ! doit publier dans son édition de mercredi une page spéciale de témoignages à partir des nombreuses prises de parole intervenues lors des obsèques.
  • Les éditions Emgleo Breiz ont d’ores et déjà annoncé la prochaine parution d’une anthologie de sa poésie.

Rozmor Naig-1

L’auteure d’une œuvre

Une personnalité remarquable, l'écrivaine Naig Rozmor, vient de nous quitter dans sa 92e année. Elle était née en 1923 à St-Pol-de-Léon, et le breton était sa langue première. C'est dans les années 1970 qu'elle avait ressenti le besoin d'apprendre à écrire le breton, et elle avait suivi pour cela les cours par correspondance de Visant Seité, ce qui va déterminer le nouveau cours de sa vie : elle écrit certes en français, mais elle devient surtout une écrivaine de langue bretonne.

Son premier livre, en 1977, est un recueil de poèmes publiée par Brud Nevez : "Karantez ha karantez" (Amour et amour), et il fut une énorme surprise. D'une tonalité novatrice dans la littérature bretonne, elle osait y exprimer ses sentiments et exalter le plaisir, sans hypocrisie. Naig Rozmor a toujours témoigné dans ses écrits d'une grande sensibilité et d'une inspiration  qui ne relevaient surtout pas du registre de la nostalgie.

Dans "Ar mestr" (Le maître), elle dénonçait le comportement d'un clergé lénoard pas toujours accomodant : ses parents agriculteurs avaient été expulsés de leur ferme par le prêtre qui en était le propriétaire. Interprétée une cinquantaine de fois sur scène par la troupe Ar Vro Bagan, la pièce a été enregistrée pour France 3, ce qui représente un succès peu courant, non seulement en raison du thème qu'elle abordait – dont le souvenir était encore très vif dans la mémoire populaire –, mais aussi parce que le breton de Naig Rozmor est de qualité, expressif et populaire, et dès lors accessible tant à ceux qui la lisent qu'à ceux qui l'entendent. Elle joua elle-même dans "Ar mestr", et ce ne fut pas son seul rôle au théâtre.

En poésie, elle s'est signalée non seulement par ses recueils personnels, dont "Evel eun tantad" (Comme un feu de joie), mais aussi par ses traductions ou adaptations, notamment de Rabindranath Tagore, Gérard Le Gouic et Jean-Paul Kermarrec. Elle a également collaboré avec le Polonais Jerzy Wielunski à un recueil unique de poèmes du monde entier, paru en version bretonne et en version française sous le titre de "Mondo cane" (Un monde de chiens).

On peut dire de Naig Rozmor qu'elle est véritablement l'auteure d'une œuvre en langue bretonne, qui témoigne de son empathie avec les humains et singulièrement avec ceux qui se trouvent dans la peine. Elle a su s'appuyer sur son vécu personnel pour s'inscrire pleinement dans la modernité et transmettre une émotion. En tant qu'auteure et en tant que femme, elle marque une forme de rupture dans la littérature bretonne contemporaine.

La plupart des ouvrages et des écrits de Naig Rozmor ont été édités par Emgleo Breiz et par Brud Nevez.

  • Fañch Broudic, président de Emgleo Breiz
  • Marie Kermarec, directrice de Brud Nevez

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10 février 2015

Le breton chez Larousse : le baragouin s'en est allé

Larousse mini Breton b

Quelle affaire ! Je vous avais bien dit qu'il serait collector. "Le breton dans votre poche" ne sera pas resté bien longtemps en librairie. Alors qu'il n'y était que depuis le 21 janvier, Le Télégramme annonce ce matin que le dictionnaire vient d'être retiré de la vente. Trois petites semaines, et puis s'en va…

Il suffit de se rendre sur le site de Larousse, à la page sur laquelle il figurait jusqu'à présent : le message qui s'affiche est tout simplement :

  • Vous n'êtes pas autorisé(e) à accéder à cette page.

Et de toute évidence, ce n'est pas le travail d'un hacker. En cherchant bien, vous trouverez encore cinq titres de la même collection : le grec ancien, le latin, le chinois, le russe et le japonais. Le breton n'y est plus. Vu le reuz qu'avait suscité le titre "breton", Larousse n'avait plus le choix.

Sur le site du Figaro, Jean-René Bonnissent, présenté comme l'auteur du guide, semble surpris de la polémique : "j'écris dans ce guide comme je parle dans la vie de tous les jours", dit-il. Sans rire. On se demande bien où et comment fait-il pour se débrouiller dans toutes les situations en un breton comme celui-là, et à qui peut-il bien s'adresser. Il ajoute que "ce n'est pas un manuel pédagogique pour les bretonnants [on s'en doutait], mais un petit guide qui s'adresse à des non-initiés" : est-ce à dire, M. Bonnissent, que l'on peut donner à apprendre n'importe quel baragouin sous prétexte de breton ?

Larousse mini Breton c

Sur le même site, Hervé Sébille-Kernaudour, qui vient d'être promu brittophone de l'année 2015, considère pour sa part que "c'est un scandale absolu de consacrer de l'argent à l'édition et à la diffusion d'un torchon pareil". Soit, mais il ne s'agit pas d'argent public. Avec les moyens dont il dispose, Larousse peut investir comme il veut, publier ce qu'il veut et prendre les risques qu'il veut, même celui d'un breton parfaitement incorrect. Avec "Le breton dans la poche", il a juste pris le risque d'un flop auquel il ne s'attendait sûrement pas, et celui de compromettre (un petit peu) sa réputation. Il devrait s'en remettre.

D'autant qu'il a décidé, c'est fait, de faire appel à l'Oplb - et non pas l'Opab, comme l'écrit à répétition le Télégramme ce matin. Soit donc l'Office public de la langue bretonne. Premiers diagnostics du dit Office : il va falloir presque tout réécrire – on s'en doutait (bis repetita). Et ça va prendre du temps. Tant que ça, vraiment ? Tout dépend jusqu'où devrait aller l'entreprise de rectification. Le "caricourt guétaise" de la page 70 est-il vraiment un plat breton ? Et ne mange-t-on pas autre chose que du "kigafaz" et des "pizerame" en Bretagne ? 

07 février 2015

Le breton chez Larousse : c'est raté

Larousse mini Breton041

1 000 mots pour se débrouiller dans toutes les situations : c’est ce qu’annonce fièrement un mini Larousse qui vient de paraître sous un titre tout aussi accrocheur : Le breton dans votre poche. Le concept est plutôt sympa et la réalisation graphique de bonne facture. Un assez joli petit livre, sous belle couverture cartonnée et pour un prix dérisoire.

La photo de couverture, par contre, fait cliché. Ça encore, ce n'est pas trop grave. Le contenu, c'est pire et c’est raté. Je dirais même plus : c'est tout à fait raté. Pas étonnant que ça fasse du reuz (le buzz en breton) : il n’y a quasiment aucune page sans bourde.

  • Question d'accent (p. 5) : soi-disant les mots commençant par sant, comme Sant Brieg (Saint-Brieuc) prennent eux l’accent sur Sant > je n’ai pas l’impression…
  • Néologie (p. 6) : le terme proposé pour l’e-mail est ar malad > je ne l’avais pas encore rencontré
  • Syntaxe (p. 7) : hir vlev am eus : j’ai les cheveux longs > l’adjectif se place généralement après le substantif ; On devrait donc avoir : blev hir
  • Nuance (p. 8) : lunedigoù, ce sont de petites lunettes, au lieu de lunedou pour lunettes
  • Pur charabia (p. 10) : peseurt teodoù komz out ? déjà signalé par Christian Le Meut dans Le Télégramme : Larousse confond la langue qu'on a dans la bouche et celle qu'on parle (en breton ce ne sont pas des homonymes).
  • Nombres (p. 11) : tri vugale au lieu de tri vugel (trois enfants) : le substantif reste au singulier après le nombre.
  • Articles (p. 13) : confusion entre l'article défini an et l'indéfini eun (ou un), entre l'article indéfini "eun" ou "un" et le nombre "unan"
  • Confusion (p. 13) : Pour traduire "Elle est en congé de maternité", on propose : Ehan mammelezh he deus graet. Ça fait assez bizarre, parce que si on retraduit ce breton en français, cela donne : "Je fais congé de maternité !"
  • Néologie approximative (p. 15) : naturionez > terme non attesté supposé traduire [la] physique, alors que la racine natur laisse entendre qu'il s'agirait de sciences naturelles.
  • Jolie coquille (p. 30) : "kigellerezh" (avec la racine "kig", viande) au lieu de "kizellerezh", sculpture. Ce n'est pas tout à fait la même chose.
  • La totale ou la complèe, comme on voudra (p. 31) : la plupart des exemples de cette page pour dire "j'aime, je n'aime pas" sont fautifs.

C'est fou le nombre d'incongruités, de termes inappropriés, de phrases bancales, de désinences incorrectes, d'erreurs de syntaxe, d'inventions maladroites, de fautes d'accord, de confusions lexicales, de mutations erronées… Les expressions soi-disant indispensables sont plutôt grotesques…

Et je ne parle pas de la forme très particulière de transcription phonétique qui est proposée sous chaque expression bretonne et qui pourrait aisément ridiculiser celui qui tenterait de la reproduire à l’identique. Se débrouiller avec ce breton-là ? Mission impossible.

  • Il y a quand même une exception. Page 73, on découvre l'expression "d'am sonj ez eus eur fazi". Traduction : "Je pense qu'il y a une erreur". En fait, vous l'avez compris : il y en a bien plus d'une. Donc, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Tout le monde crierait au scandale si quelque part était édité un manuel de français du même acabit. Il est assez incroyable que Larousse n'ait pas cherché un bretonnant compétent pour écrire ce mini-dictionnaire. On ne manque pas par ailleurs d'enseignants, d'auteurs, d'écrivains ou d'universitaires qui auraient pu donner (ou en l'occurrence refuser) leur imprimatur. Aux dernières nouvelles, l'Office aurait été saisi.

C'est un peu tard, puisque l'ouvrage est en librairie. On verra bien s'il y aura une nouvelle édition et à quoi elle ressemblera. J'espère que dans la même collection le grec ancien, le japonais ou encore le basque sont mieux faits.

Comme je l'ai expliqué dans l'interview que m'a demandée Valentine Boucq pour Tébéo, son seul intérêt pour l'instant est d'être collector. Le reportage est passé dans le journal de 19 h 30 de la chaîne locale jeudi dernier. Mais pour des raisons techniques, il n'est pas possible (momentanément ?) de revoir les journaux en replay depuis le 28 janvier.

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30 janvier 2015

Conseil général du Finistère : vers un schéma linguistique départemental

Maille Pierre-1

La session de janvier du Conseil général du Finistère s’est ouverte dans une ambiance un peu spéciale. C'était la dernière avant les élections départementales (nouvelle formule) de mars prochain, et assez nombreux devraient être ceux qui ne feront plus partie de la nouvelle assemblée. À noter que Kofi Yamgnane, ancien conseiller général du Finistère, est spécialement revenu du Togo pour assister à cette session.

C'est sûr, Pierre Maille ne sera plus président à compter de la fin mars, puisqu’il a choisi de quitter la vie politique. Il a donc prononcé jeudi matin son dernier discours d’ouverture de session. Il l’a fait, a-t-il déclaré, avec la même émotion, la même fierté et la même humilité qu’il y a dix-sept ans, quand il s’était trouvé à la même place pour la première fois. Tous les élus, de droite comme de gauche, se sont levés pour l’ovationner.

Je ne l’ai pas entendu dire hier matin, mais Pierre Maille a toujours été l’homme d’un seul mandat : quand il a été maire de Brest, il a été maire, rien que maire ; tant qu’il a été président du Conseil général, il n’a été que président, jamais de cumul. C’est peut-être, mine de rien, ce qui a contribué à sa crédibilité et à sa notoriété. C’est aussi ce qui lui a donné la possibilité, soulignée par plusieurs de ceux qui se sont ensuite exprimés, de dépasser la logique de canton qui prévalait jusque là au sein de la collectivité à une logique de territoire, avec une vraie vision départementale.

Dans la conjoncture stressante du moment, P. Maille a clos son intervention sur une note d’espérance : il a confiance, a-t-il déclaré, en la capacité des Finistériens à créer du collectif et à surmonter leurs divergences. Sa première vice-présidente, Chantal Guillou-Simon, a témoigné pour sa part d’un autre aspect de la méthode Pierre Maille : il a instauré plus que la parité femmes/hommes au sein de l’exécutif du département, et ce n’est pas pour y faire de la figuration. On la croit volontiers quand elle fait état des dizaines de réunions qu’elle a eu à piloter pour l’élaboration des nouveaux contrats de territoire.

Tgr Pierre Maille Mersi

Clin d’œil ou pas, elle a conclu son intervention par un "Mersi braz, Aotrou Maille", dont Le Télégramme a fait sa une ce matin en page Bretagne. Quand on connaît la parcimonie avec laquelle on utilisait ce terme de "Aotrou" en breton – il n'y a pas encore si longtemps, il était réservé à… Dieu, à Monsieur le recteur, au châtelain, à Monsieur le maire – c'est plus qu'une marque de considération.

Unanimité moins deux abstentions

Ctte session avait surtout pour objet d'adopter le budget 2015 du Conseil général du Finistère. Mais parmi les nombreux dossiers à l'ordre du jour, il était également prévu de délibérer sur la politique départementale en faveur de la langue bretonne.

Le projet de délibération était présenté par Mme Blondin. Il s'appuie largement sur l'évaluation de la politique de promotion du breton qui vient d'être menée en 2014 – ce qui veut dire que ce travail d'évaluation n'aura pas été inutile. Il reprend en particulier l'idée d'un schéma départemental en faveur de la langue bretonne. Mais alors que le rapport du Comité d'évaluation préconisait l'adoption d'un schéma triennal, ce dernier s'étalera sur toute la période 2015-2020, pour être en cohérence avec les autres schémas départementaux.

Mme Blondin a fait état d'une prochaine rencontre dans le cadre du Pacte d'avenir pour la Bretagne entre les Conseils généraux, la Région, le Rectorat et la DRAC pour arrêter les modalités d'intervention des différentes parties prenantes en matière de langue bretonne.

Troadec Christian-2

Bonne nouvelle : la délibération a été adoptée à l'unanimité, moins l'abstention de deux élus pourtant connus comme des partisans convaincus d'une politique linguistique en faveur du breton : celle de Jean-Yves Cozan, conseiller général d'Ouessant, et celle de Christian Troadec, conseiller général de Carhaix.

Lors d'une longue explication post-vote, ce dernier a cependant souligné que "tout ce qui est fait ne peut être que bon." Mais il a exprimé  bien des revendications : le recensement des bretonnants, un plan de sauvetage de la langue bretonne, la réunification de la Bretagne, une grande télévision régionale diffusant "des milliers d'heures" en breton sur les cinq départements…



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