Le blog "Langue bretonne"

31 août 2014

T'es breton (sic) si…

René Perez a fait fort dans Le Télégramme en cette deuxième quinzaine du mois d'août. Il est vrai que l'actualité en cette saison n'a pas été beaucoup plus chaude que la météo (quoique…). Rien de mieux, donc pour un quotidien régional que de proposer, en dernière page de préférence, un bon feuilleton sur un sujet qui retiendra forcément l'attention des lecteurs habituels du journal, mais aussi et surtout celle des occasionnels, autrement dit les touristes. C'est d'ailleurs à ces derniers qu'il s'est adressé directement.

Et ça, René Perez sait le faire. Il a le clavier facile et le sens de l'humour. Il a un vif esprit d'à-propos et maîtrise les associations d'idées comme pas deux. Il enchaîne les digressions sans la moindre hésitation. Enfin, il connaît bien son Finistère, la Bretagne et les Bretons. Surtout ne pas confondre avec son homonyme, le réalisateur du film "Alien Showdown" : il en serait vert. Ni avec le photographe new-yorkais Carlos René Perez.

Tgr T'es Breton si

Le 14 août, notre René Perez à nous s'est donc paré d'un costume de druide et il a entrepris d'expliquer aux lecteurs de passage du Télégramme comment y comprendre quelque chose à la Bretagne et aux Bretons typiques. Il a tenu six épisodes, tous illustrés d'un dessin de Nono. Plus une rallonge commentant les commentaires postés sur Facebook. Et encore ce matin un tout petit grain de sel en bas de page 8 de l'édition dominicale. Belle performance.

La série – il faut bien l'appeler comme ça, car Le Télégramme c'est comme à la télé – a inévitablement commencé par la météo. Tout y est passé. René nous l'a expliqué en pleine page à chaque fois : T'es breton…

  • Si tu es branché météo
  • Si tu le proclames
  • Si tu es gwenn ha du
  • Si tu as le sens de la fête
  • Si tu es cabochard
  • Si tu es beurre…

Un travail de sociologue, quasiment, car tout ça n'est pas faux. Il est vrai que les journalistes sont d'une certaine manière les sociologues du temps présent. Je ne doute pas un instant que ces six articles de René Perez deviennent collector. Une belle et amusante réflexion qui ne manquera pas d'intriguer les étudiants désireux de se spécialiser en tourisme breton, et - forcément - tous ceux qui se penchent sur les subtils éléments constitutifs de l'identité bretonne.

Je me pose juste une question : pourquoi donc René Perez n'a-t-il pas abordé le sujet de la langue bretonne ? Par ignorance ? Je ne le crois pas. Par frilosité ? Ce n'est plus un sujet scabreux aujourd'hui. Par ignorance ? Ce n'est pas possible, car un journaliste comme lui sait parfaitement où dénicher l'info. Ou alors c'est un sujet dont on ne rigole pas.

Or, tous les touristes qui viennent passer ne serait-ce qu'un week-end en Bretagne sont convaincus que les Bretons – tous, mis à part quelques-uns – parlent le breton, dans le Finistère plus particulièrement : il aurait  fallu les éclairer, non ? J'en connais qui ont appris le breton avant de venir ici en vacances ! Car t'es Breton aussi (et dans ce cas-là, le terme ne s'écrit pas avec un "b" minuscule) si tu parles le breton (ici c'est la minuscule qui s'impose), non ? D'ailleurs, il y a un proverbe qui l'affirme haut et fort. Au début du XXe siècle, n'étaient considérés comme Bretons que ceux qui parlaient la langue (et la plupart ne connaissaient qu'elle). En conséquence de quoi, étaient Français ceux qui ne savaient que le français, c'est évident.

Les temps ont bien changé. Sur les Bretons bretonnants d'aujourd'hui et même sur les brittophones, n'y aurait-il pas eu beaucoup à dire également ? Il est vraiment bizarre que René Perez ait oublié de le faire. L'été prochain, peut-être ? 

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29 août 2014

Comment dit-on "pitch dating" en breton ?

Vue salle-1

Il n'est pas si facile de dénicher l'exact équivalent français de cette expression typiquement anglaise : les dictionnaires en ligne comme Reverso ne la mentionnent même pas. En fait, elle n'est sans doute connue que dans le monde de la fiction ou du cinéma : le festival Court-Métrange a déjà organisé deux événements de pitch dating à Rennes les années passées et il en prévoit un autre le 14 octobre prochain au Ciné TNB concernant des court-métrages insolites ou fantastiques.

La langue bretonne vient à son tour d'adopter le concept (sans plus le traduire que le français) : le premier pitch dating concernant le film de fiction en breton vient d'avoir lieu dans le cadre du festival de Douarnenez, mercredi dernier, et il a réuni une cinquantaine de participants.

Le terme "pitch" est un anglicisme désignant le bref résumé d'un scénario de film : difficile de faire plus court pour en dire aussi long, et il n'est donc pas surprenant que l'emprunt se soit imposé en français. Le pitch dating est dès lors une rencontre d'une durée strictement limitée dans le temps entre professionnels, d'une part des réalisateurs porteurs de projets et d'autre part des producteurs ou des diffuseurs susceptibles de les retenir. À Douarnenez, les premiers disposaient de 5 minutes chrono pour décrire leur projet, et d'autant pour répondre aux questions qui leur étaient posées.

Stéphane Ac'h-1      Kenan an Habask-1     Gérard Gwenn-2   Fanny Chauffin-1

En photo, de gauche à droite, quatre porteurs de projet : Stéphane Ac'h, Kenan an Habask, Gérard Gwenn, Fanny Chauffin.

Cette première expérience n'était pas sans intérêt, puisque ce ne sont pas moins de dix projets de fiction en langue bretonne qui ont été défendus au cours de l'après-midi. Ceux qui les ont présentés avaient des profils très divers : auteurs de romans ou de nouvelles en français ou en breton désireux de transposer leur création littéraire à l'écran, enseigants impliqués dans des projets vidéos, créateurs, documentaristes ou journalistes, comédiens… Ils ont connu ou connaissent des expériences professionnelles multiples et diverses. Si la plupart ne songent qu'au court, quelques-uns visent carrément le long-métrage. Chose étonnante : tous ne sont pas bretonnants.

Face à eux, trois diffuseurs : Brezhoweb, France 3 Bretagne, et le consortium des télés locales de Bretagne. Et près d'une dizaine de sociétés de production, basées à Brest, Rennes, Carhaix et même Marseille. Parmi ces dernières, Tita Productions – c'est elle la marseillaise – vient de produire le premier court-métrage d'Avel Corre, "An dianav a rog ac'hanon" (L'inconnu me dévore), présenté en avant-première dans le cadre du Festival.

L'échange n'a pas été si intense entre les uns et les autres. Cela tient sans doute au fait que les porteurs de projet, dont plusieurs ont suivi des stages d'écriture avec Stumdi, Le Groupe Ouest et d'autres partenaires, se sont généralement contentés d'exposer dans le temps imparti l'histoire qu'ils aimeraient bien mettre à l'écran, sans plus. Ils ont exprimé un rêve de film, en y mettant de la conviction et une intensité variables. Mais le synopsis n'est pas toujours abouti, le scénario n'est pas finalisé, les dialogues ne sont pas encore écrits… De surcroît, les candidats paraissaient ne pas connaître les conditions de production ni les contraintes d'un tournage. La plupart ont sans doute été déçus de n'avoir pu nouer réellement de contact avec un producteur.

Festival Douarnenez catalogue b

Ça bouge, mais…

Ce pitch dating se voulait un appel à projets pour des fictions en langue bretonne. Il fait suite au tournage il y a quelques mois de "Lann Vraz", le premier long-métrage en breton, par Soazig Daniellou. Trois ou quatre courts-métrages de fiction en breton ont été projetés cette année dans le cadre du Festival de Douarnenez, ce qui n'est pas rien. Toutes ces initiatives témoignent d'un  nouvel état d'esprit et d'une envie de ne pas tourner que du documentaire - voire du film d'animation - en langue bretonne. Ça bouge, donc, mais on n'y est pas encore tout à fait.

Reste une question : pourquoi n'a-t-on pour ainsi dire parlé que le français au cours de ce pitch dating ? Un seul porteur de projet, d'ailleurs absent, s'est exprimé en breton par le biais d'une vidéo sous-titrée et pré-enregistrée. N'aurait-il pas été logique que tous aient été invités à le faire ? Ç'aurait été une autre manière de tester l'implication de chacun par rapport au film [en breton] qu'il voudrait tourner.

Maintenant que le festival de Douarnenez "réfléchit", selon le mot de Gérard Alle dans le catalogue, au moyen de faire que la présence du breton n'y soit pas que "symbolique", faut-il s'attendre à d'autres initiatives ? Déjà, une palabre en langue bretonne a eu lieu tous les matins avec Rahung Nasution, un réalisateur indonésien, avec traduction immédiate de l'anglais en breton et vice-versa.

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19 août 2014

Langue bretonne : la commune du Conquet s'investit

KonK-Leon-1

Le Conquet, son port de pêche (pour le crabe et le beau poisson), son port de transit (vers les îles de Molène et Ouessant), ses îles (plusieurs îles de l'archipel de Molène sont rattachées à la commune), ses plages et son patrimoine bâti (qui en font un haut lieu touristique). Et désormais son label niveau 2 de la charte "Ya d'ar brezhoneg".

Le label a été remis ce matin à Konk-Leon (le nom breton de la ville) par Lena Louarn en personne. La présidente de l'Office public de la langue bretonne a fait remarquer à cette occasion que ce sont 168 communes et 13 communautés de commune qui, de Nantes à Brest (la précision n'est pas anodine), sont désormais signataires de ladite charte.

Konk-Leon-2

Xavier Jean, le maire, et son adjoint bretonnant, Marcel Quellec, ont détaillé les actions qui ont permis à la commune du Conquet d'accéder à la labellisation : panneaux bilingues aux entrées et sorties de la commune, papier à en-tête bilingue, cartons d'invitations bilingues, signalétique bilingue sur la mairie, marquage bilingue sur les véhicules de la mairie, plaques de rues bilingues, éditorial bilingue dans le bulletin municipal…

Je ne dirais pas que tout est bilingue désormais au Conquet, au niveau de l'écrit tout au moins. Mais on voit bien que la commune a pris de multiples initiatives en ce sens, y compris la mise en place d'une initiation au breton dans une des écoles de la commune, les conditions n'ayant pas pu être réunies pour l'ouverture d'une classe bilingue.

Monsieur le Maire est bien d'accord que seuls les bretonnants peuvent lire l'éditorial en breton du bulletin municipal, mais les anciens le font, m'a-t-il assuré, à la maison de retraite en particulier. Comme personne à la mairie ne peut rédiger la version bretonne, c'est l'Office de la langue bretonne qui est sollicité en tant que sous-traitant pour assurer la traduction. Si ce n'est que les lecteurs, reconnaît-il, butent quelque peu sur "le breton haut de gamme".

Les candidats au mariage sont informés de la possibilité que la cérémonie soit bilingue : jusqu'à présent, seul un couple a demandé que ce soit le cas et a eu pour cela les honneurs de la presse. Les élus municipaux n'ont pas l'air de penser que ça puisse l'être à nouveau d'ici longtemps.

Un vrai regret : le refus de l'INSEE – à moins que ne soit celui du ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux - qu'à l'occasion du recensement de 2010 soient recensées les personnes parlant le breton dans la commune. Des démarches à un très haut niveau avaient pourtant été engagées en ce sens.

J'ai pu, pour ma part, échanger avec plaisir en breton (mais aussi en français, bien sûr) avec des Conquétois et d'autres personnes présentes ce matin à la mairie du Conquet, comme Fañch Jezequel, de l'agence de développement de l'OPLB, que je n'avais pas croisé depuis longtemps. Andreo ar Merser, ancien responsable d'Emgleo Breiz, bon nonagénaire et qui réside à mi-temps au Conquet, était présent. Le député de la circonscription, Jean-Luc Bleunven, lui-même bretonnant, s'était déplacé pour la circonstance.

08 août 2014

70 ans, ça se marque

Ouest France n° 1

Ce soixante-dixième anniversaire, c'était hier celui du 1er numéro du journal Ouest-France, paru à Rennes le lundi 7 août 1944 très exactement. Le premier quotidien de France – et par là même le premier quotidien francophone, selon France Inter – n'a pas manqué de le souligner dans toutes ses éditions.

Son prédécesseur, l'Ouest-Éclair avait été interdit quelques jours plus tôt pour collaboration. Son dernier numéro était paru le 1er août. Plusieurs de ses dirigeants ont ensuite été jugés et condamnés. C'est une nouvelle direction, composée de résistants, qui fait paraître le nouveau journal.

La une de ce premier numéro est bien évidemment reproduite pour l'occasion dans le hors-série collector et grand format édité sous le titre "70 ans d'information au service des lecteurs". La lecture de cette une ne manque pas d'intérêt.

À gauche du titre "Ouest-France", on remarque la photo moyen format du général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française. Plus bas, une autre photo de la foule sur la place de la Mairie de Rennes, autour des camions des Alliés américains qui venaient de libérer la ville.

Sous le titre du journal, deux mentions :

  • la première ligne nomme les régions (comme on dit aujourd'hui) qui vont constituer la zone de diffusion du nouveau (comme de l'ancien) quotidien : Bretagne, Normandie, Maine, Anjou, Poitou
  • la seconde définit Ouest-France comme "Journal républicain du matin". C'est la reprise de la manchette d'avant-guerre. Sous l'Occupation, le terme "républicain" avait été banni, et l'Ouest-Éclair se présentait comme un banal "Journal quotidien régional". Le rétablissement de l'appellation d'origine donne le ton.

La France et la Bretagne

Forcément, ce sont les antagonismes et les enjeux du moment qui constituent la trame de l'éditorial, "Enfin libres !" Ouest-France se réjouit qu'"après quatre ans d'oppression et de servitude, nous avons de nouveau le droit d'être des Français et de le proclamer." Il n'oublie pas de saluer "ceux sans qui nous serions restés asservis" : l'Angleterre, les États-Unis, la Russie.

A contrario, sont dénoncées la brutalité et les exactions de l'occupant. Mais l'éditorial insiste aussi sur le fait que les nazis ne sont pas "les seuls auteurs de nos souffrances" et sur "le spectacle répugnant de certaines complicités" dont ils ont bénéficié. Et là, le nouveau quotidien désigne explicitement "une clique d'arrivistes et d'imposteurs à qui l'armée allemande a servi de sage-femme, de marraine et de nourrice".

L'allusion à la collaboration du mouvement breton (sans aucune précision cependant sur ses variantes politique, culturelle ou militaire) est d'autant plus limpide que l'éditorialiste de Ouest-France affirme haut et fort que "les Bretons sont Français, avant tout […]. Ils sont Français justement parce qu'ils sont Bretons […]. Et c'est d'une voix tremblante qu'ils lancent […] ce cri de leur amour filial Vive la France !"

Ce qui est frappant à la lecture de cette une historique de Ouest-France, c'est assurément cette volonté d'afficher l'adhésion des Bretons à la France, définie comme "notre patrie […] bien aimée", comme un soulagement qu’est désormais écarté le péril irrédentiste qui s'était manifesté pendant la guerre. Significativement, le journal reproduit un télégramme de Victor Le Gorgeu, commissaire de la République de la région de Rennes, au général de Gaulle, l'assurant "des sentiments de loyalisme de l'immense majorité de la population bretonne à l'égard du Gouvernement provisoire de la République". De Rennes, il est dit qu'elle a "retrouvé son vrai visage de grande ville française".

Tout aussi remarquable est l'insistance que met ce jour-là Ouest-France à placer la Bretagne au premier plan et à exprimer le sentiment des Bretons. Il suffit de parcourir les titres et les articles de la première page :

  • La Bretagne délivrée de l'envahisseur
  • L'entrée de nos alliés américains dans la capitale bretonne a donné lieu à d'indescriptibles manifestations populaires
  • Vendredi 4 août 1944… Une date qui marquera dans les annales de la vieille capitale bretonne
  • Les Allemands allaient-ils […] obliger les Alliés à un combat de rue dans la belle et historique capitale de la Bretagne…
  • Avance foudroyante des Américains en Bretagne
  • La Bretagne est maintenant coupée du nord au sud.

Je ne sais combien de temps une telle dichotomie s'est maintenue dans les pages de Ouest-France au cours de la période qui a suivi, ni si elle a donné lieu à quelque étude de la part d'un historien de la presse. Elle apparaît en tout cas comme révélatrice de la période de la Libération.

Pour en savoir plus : Ouest France. 1944-2014. 70 ans d'information au service des lecteurs. 70 unes -70 grands événements. 144 p., 15 €.

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04 août 2014

C'est Martine qui reçoit, et c'est Mona qui chante

Plouneour-Menez-3    

Sur l'axe Roscoff-Lorient, tous les automobilistes doivent s'arrêter à Plounéour-Ménez, puisque des feux tricolores les y obligent. Il y en a qui bifurquent vers l'abbaye du Relecq, réputée et bien signalée, qui vaut effectivement le détour. Beaucoup poursuivent leur route, forcément, sans même penser à fair un crochet par le centre-bourg.

Plouneour-Menez-2

On peut pourtant y visiter une belle église paroissiale, son enclos et un arc de triomphe du XVIIe siècle, ou encore les vieilles maisons de julots ("juloded" en breton). Car Plounéour-Ménez fait partie des communes qui ont bénéficié de la prospérité liée au travail et au commerce de la toile entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Le point culminant

Aujourd'hui, Plounéour se présente comme "le toit du pays", et il y a une raison précise à cela : des mesures récentes ont détrôné le Tuchenn Kador (384,91 m) à la deuxième place et défini le Roc'h Ruz comme le point culminant de la Bretagne. Et ce "rocher rouge" (c'en est la traduction en français) se situe sur le territoire de la commune de Plounéour-Ménez.

Ça se joue à 10 cm près, puisque Roc'h Ruz, situé entre l'émetteur TDF et le Roc'h Tredudon, s'élève à 385,01 m. Il n'est pas étonnant qu'avec un tel "sommet", Plounéour soit un pays de randonneurs au cœur des monts d'Arrée.

Martine-1             VB_MonaJaouenRb

Kig-ha-fars spectacle

Tout près de l'église, la façade de l'hôtel-restaurant du Roch-Tredudon – un nom tout à fait couleur locale. C'est là qu'officie Martine Lautrou (photo de gauche) et là qu'elle a fait naître une nouvelle tradition : depuis plusieurs années, tous les mardis du mois d'août, elle organise un… kig-ha-fars spectacle. Pour le menu, elle assure, avec le concours de son frère cuisinier.

Et qui donc assure le spectacle ? C'est Mona Jaouen, bien connue dans le centre Bretagne et au-delà. Elle a même collaboré aux émissions en breton de la télévision. Puisqu'elle a fait partie du groupe mythique Storlok, elle chante en breton des tubes de ce premier groupe rock breton de la fin des années 1970, comme "Gwerz ar vezinerien" (la complainte des goémoniers). Elle interprète ses propres compositions – cela va de soi -, en particulier celles figurant sur son dernier CD "Maouez" (Femme), y compris des chansons pour enfants quand il y en a dans la salle.

Le répertoire de Mona est bien plus large. Sa voix lui permet de chanter également des traditionnels en anglais, mais aussi du Brel et du Gainsbourg. Et surtout du Piaf, qu'elle aime beaucoup beaucoup.

Ce sera donc les mardis 5, 12, 19 et 26 août chez Martine à Plounéour-Menez, avec une spéciale un peu plus tard, le samedi 20 septembre. Réservation conseillée au 02 98 78 01 16.

Le site du restaurant est in progress, mais comporte une vidéo pédagogique sur la fabrication du kig-ha-fars.

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02 août 2014

A-t-on vraiment sonné le tocsin partout ?

Pas si sûr. Toutes les communes de France étaient invitées à le faire, hier à 16 heures, pour commémorer le 100e anniversaire de la mobilisation générale qui a précédé le déclenchement de la guerre 14-18. Mais qui sait encore sonner le tocsin ? Où l'a-t-on sonné pour de vrai ?

Voici ce que j'ai entendu hier dans une commune du Finistère : Tocsin_29_2014

Cela m'a tout l'air d'être une sonnerie à la volée. En tout cas, ça ne correspondait pas du tout à l'idée que je me faisais du tocsin. Je ne me souviens pas très bien de l'avoir entendu sonner dans mon enfance, sans doute que si. Car dans mon souvenir c'était autre chose.

site cloches

Une recherche rapide sur internet m'a confirmé ces impressions. J'ai tout de suite repéré le site d'un passionné sur lequel j'ai d'abord trouvé la définition du tocsin : il s'agit d'une sonnerie destinée à alerter la population d'un événement grave (incendie, catastrophe…) - ce qu'on savait. Caractéristique (et c'est moins connu) : un tintement rapide de 60 coups par minute sur la grosse cloche.

Ce site s'intitule http://www.cloches.org, et c'est celui de Gilbert, un collectionneur de cloches qui vit à Arc-et-Senans, dans le Doubs. Il propose des vidéos et plein d'explications. J'ai pu capter les sons suivants sur son site : Tocsin_Arc_et_Senans et Tocsin_Chenecey_Buillon

Ce n'est pas du tout ça que j'ai entendu hier. Il est vrai qu'il n'y a plus nulle part de sacristain pour sonner les cloches. Les sonneries automatiques sont désormais programmées dans toutes les églises pour les sonneries de baptême, de mariage ou de glas, en plus de celles à la volée. Mais apparemment pas pour le tocsin, que remplacent désormais les sirènes, au son plus strident.

Où l'on voit, à ce petit détail sonore, que les temps ont bien changé en un siècle. On le savait déjà. C'est une confirmation de plus.

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