KonK-Leon-1

Le Conquet, son port de pêche (pour le crabe et le beau poisson), son port de transit (vers les îles de Molène et Ouessant), ses îles (plusieurs îles de l'archipel de Molène sont rattachées à la commune), ses plages et son patrimoine bâti (qui en font un haut lieu touristique). Et désormais son label niveau 2 de la charte "Ya d'ar brezhoneg".

Le label a été remis ce matin à Konk-Leon (le nom breton de la ville) par Lena Louarn en personne. La présidente de l'Office public de la langue bretonne a fait remarquer à cette occasion que ce sont 168 communes et 13 communautés de commune qui, de Nantes à Brest (la précision n'est pas anodine), sont désormais signataires de ladite charte.

Konk-Leon-2

Xavier Jean, le maire, et son adjoint bretonnant, Marcel Quellec, ont détaillé les actions qui ont permis à la commune du Conquet d'accéder à la labellisation : panneaux bilingues aux entrées et sorties de la commune, papier à en-tête bilingue, cartons d'invitations bilingues, signalétique bilingue sur la mairie, marquage bilingue sur les véhicules de la mairie, plaques de rues bilingues, éditorial bilingue dans le bulletin municipal…

Je ne dirais pas que tout est bilingue désormais au Conquet, au niveau de l'écrit tout au moins. Mais on voit bien que la commune a pris de multiples initiatives en ce sens, y compris la mise en place d'une initiation au breton dans une des écoles de la commune, les conditions n'ayant pas pu être réunies pour l'ouverture d'une classe bilingue.

Monsieur le Maire est bien d'accord que seuls les bretonnants peuvent lire l'éditorial en breton du bulletin municipal, mais les anciens le font, m'a-t-il assuré, à la maison de retraite en particulier. Comme personne à la mairie ne peut rédiger la version bretonne, c'est l'Office de la langue bretonne qui est sollicité en tant que sous-traitant pour assurer la traduction. Si ce n'est que les lecteurs, reconnaît-il, butent quelque peu sur "le breton haut de gamme".

Les candidats au mariage sont informés de la possibilité que la cérémonie soit bilingue : jusqu'à présent, seul un couple a demandé que ce soit le cas et a eu pour cela les honneurs de la presse. Les élus municipaux n'ont pas l'air de penser que ça puisse l'être à nouveau d'ici longtemps.

Un vrai regret : le refus de l'INSEE – à moins que ne soit celui du ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux - qu'à l'occasion du recensement de 2010 soient recensées les personnes parlant le breton dans la commune. Des démarches à un très haut niveau avaient pourtant été engagées en ce sens.

J'ai pu, pour ma part, échanger avec plaisir en breton (mais aussi en français, bien sûr) avec des Conquétois et d'autres personnes présentes ce matin à la mairie du Conquet, comme Fañch Jezequel, de l'agence de développement de l'OPLB, que je n'avais pas croisé depuis longtemps. Andreo ar Merser, ancien responsable d'Emgleo Breiz, bon nonagénaire et qui réside à mi-temps au Conquet, était présent. Le député de la circonscription, Jean-Luc Bleunven, lui-même bretonnant, s'était déplacé pour la circonstance.