Conférence Cahiers Iroise Charlez ar Gall-1

Cette conférence était, hier soir, la dernière organisée avant l'été par la Société d'études de Brest et du Léon. L'association, qui publie les Cahiers de l'Iroise bien connus à Brest et dans le Finistère, voire au-delà, bénéficie depuis un moment d'une nouvelle dynamique.

Quelque soixante-dix personnes étaient présentes. Elles ont été accueillies par Yves Coativy, qui leur a présenté les derniers numéros des Cahiers de l'Iroise sur l'arrivée des troupes américaines à Brest en 1917, lors de la Première Guerre mondiale, et sur le Musée des Beaux-Arts de Brest, en hommage à son conservateur, Pascal Aumasson.

Coativy Yves Cahierrs Iroise-1   Franseza Haslé Cahiers Iroise-1

Franseza Haslé-Le Gall, la fille de Charlez et Chanig ar Gall, a livré quelques anecdotes sur les relations qu'entretenaient ses parents avec les auteurs et chanteurs qui s'invitaient à leur domicile dans les années 1970 et 80. Elle a également lu un extrait étonnant du roman à succès de Marie Le Gall, "La peine du menuisier" (Prix Bretagne 2010, Le Livre de poche), dans lequel l'écrivain évoque la pénitence qui fut infligée à son propre père pour avoir "baragouiné" du breton à l'école. Quel rapport avec Charlez ar Gall ? La romancière décrypte elle-même :

  • "Il faudra des dizaines et des dizaines d'années, la présence à la télévision régionale Roazhon Breizh d'un certain Charlez ar Gall, homonyme du Menuisier et brillant journaliste, pour que disparaisse la honte qu'il me semblait lire dans ses yeux."

Brest, capitale bretonnante

Pour ma part, j'ai présenté, comme cela m'avait été demandé et avec l'appui de Brieg Haslé pour les archives, la vie et l'itinéraire d'un couple de bretonnants très présents depuis Brest dans la seconde moitié du XXe siècle (voir message précédent). On présente souvent Brest comme une ville francophone et même française en Basse-Bretagne au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle.

Mais Brest a toujours été une ville bretonnante, sauf dans la ville intra-muros assurément, puisqu'on parlait breton sur la rive droite et dans les quartiers périphériques. Brest était aussi à ce moment une forme de capitale de la culture de langue bretonne, ne serait-ce que par le rôle que jouaient ses imprimeurs pour la publication de livres en breton. Elle l'est toujours du fait de la présence de l'université et du Centre de recherche bretonne et celtique, d'écoles bilingues, de l'audiovisuel en breton, d'éditeurs, d'associations…

Charlez et Chanig ar Gall ont pris en leur temps une part déterminante dans le développement de la radio et de la télévision en langue bretonne, mais aussi pour la relance du fest-noz et la diffusion de la poésie et de la musique bretonne et celtique. Et c'est depuis Brest qu'ils l'ont fait pendant toute la seconde moitié du XXe siècle. Je dirai même plus : ils l'ont souvent fait depuis leur propre domicile à une époque où n'existait pas encore le moindre studio télé nulle part en Basse-Bretagne. On n'en est plus là.

Juste une remarque  sur le fonctionnement technique de la salle Tessier où se déroulait cette soirée : pas de micro pour les intervenants, pas d'écran blanc au mur, pas de haut-parleurs, pas de son satisfaisant pour l'écoute de documents audiovisuels… On s'en sort, mais ça pourrait être autre chose. J'ignore si la Société d'études de Brest et du Léon a ou n'a pas les moyens d'y remédier. Je n'ai aucune idée des raisons pour lesquelles la ville de Brest n'a pas encore installé d'équipement adéquat dans cette salle municipale, pourtant fréquentée. Mais il y a indubitablement quelque chose à faire.