Ecole et langues régionales

L’école, on le sait, a contribué pour partie au recul des langues de France. De cette conscience du rôle de l’école dans la baisse de l’usage social de ces langues est aussi née une volonté chez certains, militants ou pas, d’y faire pénétrer les langues et cultures dites régionales. Plus tard encore, et jusqu’à nos jours, l’école est devenue le vecteur principal de l’apprentissage de ces langues dont la pratique en société a fortement reculé.
Les manuels scolaires sont à la fois un outil pédagogique et un moyen de reconquête de l’espace éducatif par ces langues et ces cultures.

Grammaires et méthodes de langues ont dès après la Révolution commencé à fleurir. Œuvres d’enseignants ou d’érudits locaux, ces ouvrages en disent autant sur la situation et les représentations des langues de France à l’époque où ils ont été conçus que sur les méthodes pédagogiques employées.

La prise en compte de la diversité des langues et cultures de France par l’école a permis à celles-ci de faire une entrée plus officielle dans l’enseignement au gré des circulaires, arrêtés et autres lois (on pense évidemment à la loi Deixonne de 1951). Ces textes ont ouvert la voie à des manuels écrits là encore par des militants soucieux de soutenir l’enseignement de leurs langues et de leurs cultures. Mais ils ont parfois permis également une prise en compte relative de cette diversité dans des manuels de lettres, de géographie ou d’histoire destinés à tous les élèves de France.

Elegoet L Istor Breizh    Elegoet une histoire

Quelles méthodes pédagogiques ?

L'équipe RedOC (recherche en domaine occitan) et le Centre d'études occitanes de l'Université Paul Valéry de Montpellier avaient déjà organisé en 2006 un premier colloque sur ces thématiques. Les actes en avaient été publiés aux Presses universitaires de la Méditerranée, sous la forme d’un ouvrage de 356 pages, accompagné d’un DVD, dont le titre reprend celui de l'intitulé  du colloque : "L’école et les langues régionales aux XIXe et XXe siècles."

Dix ans plus tard, ils souhaitent revisiter ce chantier afin d’approfondir les problématiques qui y avaient été développées. Un nouveau colloque est annoncé, toujours à Montpellier, pour les 12 et 13 octobre 2017. Il interrogera deux types de publications pédagogiques : celles qui sont centrées sur les langues et cultures régionales, et celles, généralistes, qui leur font une place. Les organisateurs proposent d'aborder un certain nombre de questionnements :

  • Comment les langues et cultures de France sont-elles vues au prisme de ces manuels généralistes ? Quelles méthodes pédagogiques promeuvent les érudits et/ou militants en faveur de l’enseignement des langues et cultures de France ?
  • Quels messages veulent-ils faire passer, que ce soit à travers des manuels de commande de l’Éducation nationale ou de manuels issus d’initiatives militantes ?
  • Quels points communs, et quelles différences peut-on observer entre les diverses langues concernées ? 

C’est à travers ces interrogations – non exclusives – que sera étudiée la thématique du colloque d’un point de vue épistémologique, didactique ou historique, et avec des approches autant comparatives que chronologiques ou faisant la part belle à des expériences précises.

Les propositions de contributions seront adressées sous forme d’un titre et d’un résumé de 500 à 1500 signes aux organisateurs : Yan Lespoux, Philippe Martel, Marie-Jeanne Verny.

Pour en savoir plus :

  • Hervé Lieutard et Marie-Jeanne Verny, L’école et les langues régionales aux XIXe et XXe siècles, Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, Collection « Estudis occitans ».
  • Je traite dans cet ouvrage de "La puissante ténacité de l'obstacle de la langue bretonne" dans les écoles de Bretagne au XIXe siècle, p. 181-199.